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DOCUMENTATION PsyLife

Je suis psychologue clinicien et me prénomme David Dat

Avec mes collaborateurs nous avons créé l’application PsyLife et vous proposons cette documentation afin de vous présenter de façon plus détaillée le cadre théorique sur lequel elle s’appuie, son intérêt, ainsi que la façon de l’utiliser.

INTRODUCTION

INTRODUCTION

Depuis les débuts de la psychologie, à la fin du XIXe siècle, il est reconnu de tous, que l’individu se crée et évolue dans un environnement social qui l’impacte. Face à cet environnement, l’homme a besoin qu’un sens soit donné aux épreuves de vie qu’il traverse et d’avoir des moyens d’action pour continuer à vivre de façon rassurée, sécurisée et sereine.

 
Selon le Dr Nicolas Marquis (2014), sociologue, « Nous sommes à l’ère de la prise en charge de soi », du développement personnel. Phénomène engendré par un monde centré sur l’individu, ses compétences, son autonomie, et doté de ressources inexploitées et cachées. « Il est présenté comme un être fondamentalement réparable et améliorable qui, en travaillant sur lui-même, peut obtenir plus de lui-même et devenir vraiment lui-même ».

 
La société PsyApps a conçu un outil innovant qui permet de répondre à la fois à ce besoin socioculturel, de donner du sens aux épreuves que l’on vit, et à ce désir de prise en charge de soi. Cet outil répond de façon plus spécifique à ces personnes, de plus en plus nombreuses, qui veulent devenir actrices de leur changement, et que les Anglo-saxons ont synthétisé sous le concept « d’empowerment ».

 
Nous avons développé l’application PsyLife afin de répondre à ces besoins, en formalisant un outil d’introspection élégant, pour les personnes en recherche de bien-être, ou de mieux-être, mais aussi plus particulièrement pour celles qui sont dans une démarche de soins approfondie.

 
Cet outil permet de faciliter l’introspection de son parcours de vie, de son histoire personnelle, en la reconstruisant de façon synthétique sous une forme graphique. Le but est de faciliter l’auto-analyse des événements vécus, de les recadrer dans leur contexte afin de leur donner un sens nouveau qui permet de les intégrer dans son histoire comme une expérience contenant un apprentissage. 

 
PsyLife se fonde sur des théories scientifiques concernant la modification des troubles communes aux psychothérapies. Le but recherché de cet outil est double : améliorer les capacités individuelles d’introspection (insight) ainsi que le sentiment d’estime de soi. 

 

Ces deux axes d’amélioration font partie intégrante des différents facteurs identifiés comme thérapeutiques par l’Association Française pour l’Intégrtion et l’Éclectique en Psychothérapie (l’A.F.I.E.P)  (Chambon et Marie-Cardine, 2014).

 


BIBLIOGRAPHIE

Chambon, O., & Marie-Cardine, M. (2014). Les bases de la psychothérapie – 3ème  éd : Approche intégrative et éclectique. Dunod.

Marquis, N. (2014). Du bien-être au marché du malaise. La société du développement personnel. Paris : PUF.

CONCEPTS PSYCHOLOGIQUES

CONCEPTS PSYCHOLOGIQUES

Le parcours de vie d’un individu se définit  par les différentes  positions sociales qu’il a successivement  occupées et par le regard introspectif qu’il porte sur elles : il est le produit d’une série de définitions de soi engageant à la fois des indicateurs objectifs (les faits) et des éléments subjectifs (le vécu) (Dubar, 2015).

 
Comme un puzzle, pièce par pièce (une pièce représentant un événement), PsyLife permet de reconstituer les faits, occultés dans le stock d’expériences vécues et d’organiser et structurer ces expériences de vie (faits) qu’elles aient été vécues comme positives, neutres ou négatives.

 
Ces événements constituent les pièces d’un puzzle qui, une fois assemblées, font apparaître les forces, les ressources, les  faiblesses de l’individu, ainsi que la genèse des crises(1) et tumultes qu’il a rencontrés dans sa propre vie. Par exemple, au niveau personnel : un divorce, ou professionnel : un licenciement. 

 
Les pièces de ce puzzle s’organisent autour d’une frise chronologique individuelle qui réunit les années, l’âge, ainsi que le parcours scolaire et professionnel spécifique de la personne. Cette frise est conçue pour faciliter l’amorçage de nos souvenirs situés dans la mémoire à long terme explicite, épisodique, autobiographique(2).

 
Travailler avec cette mémoire permet de développer une conscience dite auto-noétique(3) (conscience de soi) nécessaire à un travail personnel. Cette mémoire nous permet de devenir observateur de nous-même (méta-position) et donc de créer une distanciation entre nous et nos expériences. 

 
S’auto-expliquer avec bienveillance comment nous avons été victime des circonstances produites par une histoire (événements) que nous n’avons pas choisie, mais plus subie, c’est prendre du recul avec les faits. Cette posture crée une distanciation qui restaure les fondements de l’individu, qui à défaut d’avoir pu ou su maîtriser des événements de son parcours de vie, maîtrise la représentation qu’il s’en fait (Ionescu, Blanchet, & Collectif, 2008).

 
Cette distanciation permet également de repousser plus facilement les frontières de nos carcans éducatifs, familiaux, culturels de l’inné, afin d’accomplir ce que recommandait (Nietzsche, 1972) : “Deviens ce que tu es.”

 
Enfin pour conclure le contour de ce concept, PsyLife est un outil éclectique qui intègre plusieurs éléments des grands courants de la psychologie psychanalytique, cognitivo-comportementale, systémique, humaniste, ainsi que celui de la psychologie sociale.

 
Il vise donc une approche explicative interne (cognitive, affective) et externe (impact environnemental, social) des causes complexes des conditions d’apparition des malaises psychiques (psychogénèse) ou physiques ainsi que des conditions de leur production. Cet outil propose une technique de travail d’investigation et d’auto-analyse, qui envisage la psyché en termes de structure complexe.


PsyLife est un outil puissant pour acquérir de la perspicacité concernant la compréhension de notre psyché, c’est un pont qui mène vers l’estime de soi.

 
Bon puzzle, bonne introspection.

 

NOTES
1 « La notion de crise renvoie le plus souvent à un moment de désorganisation majeur de l’équilibre psychique qui touche le patient dans ses aspects primitifs (narcissisme primaire) » (Despland et al., 2010 p. 59).

2 Mémoire épisodique : autobiographique, « affective ». Elle conserve les événements vécus par l’individu ainsi que leur contexte (date, émotion…). Elle est essentielle à l’orientation spatio-temporelle quand nous accédons à un souvenir épisodique et que nous avons l’impression de revivre l’événement initial.

3 La conscience auto-noétique est décrite par Tulving (1995) comme la mémoire des expériences passées d’un individu, des événements vécus associés généralement à un lieu et une date, c’est à dire à des connaissances relatives à soi (mémoire auto-noétique).


BIBLIOGRAHIE

Dubar, C. (1991). La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles. Paris : Armand Colin. 

Nietzsche, F. (1972). Ainsi parlait Zarathoustra. Paris : Le livre de poche.

Ionescu, S., Blanchet, A., & Collectif. (2008). Psychologie clinique, psychopathologie, psychothérapie. Paris: Presses Universitaires de France – PUF.

PROCESSUS DE DISTANCIATION

PROCESSUS DE DISTANCIATION

Chacun sait qu’il a en lui des choses qu’il maîtrise et d’autres pas, un conscient, et un inconscient. Cette « intuition » peut générer implicitement chez l’individu un sentiment de fragmentation, il se sent clivé. En réorganisant notre histoire de vie, PsyLife permet de remettre en adéquation les événements de vie (les indicateurs objectifs, les faits) avec les éléments subjectifs (les vécus) qui constituent notre histoire personnelle.

 
PsyLife permet de faciliter la réunification de notre sentiment de fragmentation, en particulier de notre identité. Comment ? En dissociant l’individu de ses problèmes, et blessures « archaïques (1)» pour mieux les observer afin de mieux les intégrer (introjection(2)).

 
PsyLife permet de se regarder de l’extérieur comme on regarderait un personnage en interaction avec lui-même. L’individu peut ainsi prendre une position distanciée par rapport aux différents problèmes qu’il a identifiés pour mieux s’en détacher, afin de mieux les élaborer et préférer d’autres conceptions de lui-même. Ce faisant, ce processus cognitif dissociatif, distanciatif permet de considérer le problème, « comme un problème » et de le « dé-fusionner » de sa personne. Cela permet une dés-identification et ne plus se vivre comme un problème mais comme une personne qui, à un moment donné, a eu un/des problème(s) ( White, 2009).

 
1.1. La base du processus de distanciation
PsyLife invite l’individu à porter un regard sur les événements, les expériences spécifiques ainsi que sur les vécus subjectifs ressentis au niveau affectif, et émotionnel. A ce stade, l’objectif est de caractériser graphiquement les événements dans PsyLife, en les teintant d’une couleur affective : de positif, de neutre, ou de négatif, puis de les nommer par un titre afin de les « chosifier ». C’est-à-dire transformer chaque événement en un objet que l’on peut regarder sous différents angles.

 
Implicitement par la remémoration et l’élaboration psychique de l’ensemble de ses événements de vie, de ses souvenirs autobiographiques (dialogue intérieur), l’individu est invité à faire des liens entre les différents événements et expériences de sa vie. 

 

PsyLife va permettre le développement de chaînes d’associations mais aussi l’établissement de liens et de relations entre des événements restés jusque-là disparates, distincts et non-reliés. Dans certains cas PsyLife peut faire apparaître graphiquement des phénomènes de répétition dysfonctionnelle.

 
C’est l’identification des événements, accompagnée des élaborations psychiques, qui les replace et les recadre dans leurs contextes et qui engendre ainsi le premier niveau d’abstraction(3), de distanciation(4). Un niveau plus profond de distanciation se produit par la mise en relation des événements entre eux, et préfigure ainsi une conscience réflexive, c’est-à-dire la possibilité de « réfléchir à propos de ».

 
1.2. Augmenter son niveau de distanciation
Une fois que le parcours de vie est complété de façon exhaustive de la naissance à aujourd’hui, il apparaît la possibilité d’élaborer un nouveau niveau d’abstraction. L’invitation est de réfléchir à ces liens et chaînes d’associations, nuages d’événements représentés graphiquement en vert, bleu, fuchsia et d’en tirer, des découvertes, des interprétations, des théories, « des conclusions » dans le but d’en extraire des apprentissages/ enseignements, des prises de conscience (insight), en lien avec l’événement source.

 

Ainsi un événement unique, péripétie rutilante et solitaire, peut alors quitter le statut de moment d’exception sans lien et s’inscrire parmi d’autres événements, au sein d’une période et d’un parcours de vie qui se reconstruit par la mise en place d’un nouvel éclairage globalisant.


C’est le développement de cette conscience réflexive qui fait entrer l’individu dans le monde abstrait de son paysage intérieur pavé de ses valeurs, de ses croyances, de ses comportements (actions), en somme de ce qui est important pour lui. 

 

C’est une forme de travail de découplage de notre culpabilité/colère et de recouplage de notre responsabilité qui permet de réécrire notre histoire de vie en tant qu’observateur et ainsi de faciliter la reconstruction d’une identité plus stable par l’amélioration du sentiment d’estime de soi.

 

C’est cette nouvelle conscience qui, avec le temps, prend place dans le présent pour un nouvel avenir ouvert sur les arènes de l’expérience.

 

La liberté individuelle acquise se vérifie par le niveau d’abstraction réalisé sur un événement impactant. Si l’individu est libre d’anticiper une nouvelle façon de faire, de réagir, d’être par rapport à cet événement originel, alors l’abstraction de cet événement est réussie. L’individu a acquis un enseignement sur sa personne, qui lui permet de réduire la distance entre lui et la représentation qu’il avait de lui (concept de soi). Cet enseignement le ré-inscrit dans la dynamique de son parcours de vie, et ainsi augmente la congruence de son identité.

 

1.3 Aller plus loin dans la distanciation dans une démarche de soins approfondie
Pour aller vers ce niveau, il est recommandé de se faire accompagner par un psychologue afin d’être aidé, guidé, recadré dans ses propres élaborations réflexives. En effet nos raisonnements   peuvent comporter des biais plus ou moins importants, inhérents à nos vécus, nos croyances, mémorisés sous la forme de schémas de pensées automatiques et donc inconscients

  

Aller voir un psychologue

PsyLife est un outil qui, une fois renseigné de façon exhaustive, permet aux personnes qui sont dans une démarche de soins approfondie (de compréhension et/ou de changement) de se rapprocher d’un psychologue avec une intentionnalité affinée. En effet ce travail d’introspection effectué en amont, aura permis de mettre en exergue les éventuels problèmes et donc de pouvoir réaliser une demande de prise en charge plus explicite (de compréhension et/ou de changement). Demande qui sera certainement orientée à partir d’un événement et/ou période clef, d’une crise spécifique actuelle ou antérieure située dans le parcours de vie de l’individu.

 

Nous espérons avoir pu vous aider et vous souhaitons une bonne continuation dans votre démarche psychothérapeutique.


BIBLIOGRAPHIE 

White, M. (2009). Cartes des pratiques narratives. Molenbeek-Saint-Jean : Satas.

 

NOTES

1- Jacques Salomé (2003) décrit dans  « À l’écoute de nos blessures d’enfance », six blessures archaïques : l’humiliation, l’injustice, le sentiment d’impuissance, le rejet, la trahison et l’abandon.

2- Processus mis en évidence par l’investigation analytique : le sujet fait passer, sur un mode fantasmatique, du « dehors » au « dedans » des objets et des qualités inhérentes à ces objets.

3- L’abstraction désigne à la fois une opération qui consiste à isoler par la pensée une ou plusieurs qualités d’un objet concret pour en former une représentation intellectuelle, et le produit de cette opération.

4 – Fait de mettre de la distance entre soi et un événement vécu, une action effectuée ou une parole prononcée.

PREMIERS PAS




Étape 1
Créer votre canevas temporel

Constuisez en quelques tapes votre canevas personnel.

Étape 2
Créer vos événements

Inscrivez vos vécus et états affectifs pour chaque événement de votre vie.

Étape 3
Nommer vos périodes de crise

Identifiez le type de crises ou de tumultes. Évaluez l’intensité vécue.

Étape 4
Analyser votre parcours de vie

Donnez du sens à vos vécus. Recadrez-les dans une vue globale.