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DOCUMENTATION PsyTools / Outil PsyLife
Vous trouverez ici toute la documentation concernant l’utilisation de l'outil PsyLife.
Nous vous invitions à commencer par lire l’introduction, puis le chapitre praticopratique et enfin de terminer par la psychologie clinique.
INTRODUCTION

L’application PsyTools est un outil qui s’adresse aux professionnels de la relation d’aide : Psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, infirmiers Psy. C’est un outil clinique visuel multidimensionnel qui s’appuie sur les concepts théoriques de la mémoire explicite autobiographique dite auto-noétique(1) (conscience de soi), mais aussi de la psychologie sociale (parcours de vie et trajectoire), des approches psychodynamiques, systémiques, cognitives, comportementales, et humanistes.

 

Ainsi conçue, cette application éclectique et intégrative permet de s’adapter facilement aux besoins des patients et aux théories des praticiens.

 

Note : Sont utilisé comme synonyme en fonction des approches théoriques :

   –  Praticien = psychologue, clinicien, psychothérapeute …

   –  Patient = individu, sujet (psychanalytique)

Compréhension interaction

Afin de faciliter la compréhension de l’interaction entre les théories et leur mise en œuvre dans le module clinique PsyLife, nous avons choisi de mettre en exergue ces liens dans le texte par une typographie de couleur bleue. Elle oriente le praticien vers le type de relation causale à identifier, à rechercher, de lien associatif, mais aussi elle indique dans PsyLife les catégories = trajectoire de vie à renseigner. L’objectif est de guider le praticien dans la bonne utilisation de l’application à la fois pour augmenter la précision de la constitution de l’anamnèse visuelle, mais aussi a posteriori pour augmenter l’efficacité de l’élaboration des hypothèses diagnostiques ainsi que le suivi du patient au long cours.

 

Le cœur de l’application est le module PsyLife dont l’objectif est devenir pour le praticien le tableau de bord de la vie du patient, c’est-à-dire l’écran qui rassemble la plus grande quantité et qualité d’informations nécessaires à la prise en charge clinique du patient au long cours.

Support de communication d’investigation et d’empowerment individuel

PsyOrganizer est un support de communication et d’investigation interactionnelle qui facilite les élaborations psychiques du patient et du praticien tout en favorisant l’économie cognitive. L’application ainsi que les différents modules cliniques et interfaces qui la composent ont été conçus volontairement sur une tablette informatique (iPad) afin de proposer au patient un support visuel informatique tactile facile à manipuler avec lequel il peut interagir. L’objectif de ce choix technologique est de concourir à l’activation chez le patient, des trois principales dimensions thérapeutiques de l’empowerment individuel : la motivation à l’action identifiée par Breton, (1989) ; Rapport (1987), la prise de conscience pointée par Bar et al (1984) ; Breton, (1989) et enfin le sentiment de compétence personnelle relevée par Rappaport (1981).

 

En résumé, l’application PsyOrganizer est conçue pour inviter le patient à devenir co-acteur de son soin, notamment au travers du module PsyLife qui donne accès à une information visuelle organisée facile à élaborer permettant de cartographier le parcours de vie d’un individu.

 

Au niveau de la clinique du praticien, c’est bien l’outil PsyLife qui en est le cœur. Il fonctionne dans une approche systémique qui permet de visualiser l’interaction et l’influence des événements de vie en proposant une organisation anamnestique visuelle des faits et des vécus du patient. Cette information est placée sur une frise temporelle personnalisée qui permet au praticien de réaliser sur un même écran différents liens associatifs concernant par exemple : l’identification des facteurs de risque et de protection, le types et rythmes des passages à l’acte, les répétitions pathologiques diachroniques sentimentales et ou professionnelle, d’identifier les souvenirs définissant le soi, de relever les facteurs précipitants de la crise psychique, de discerner le nombre de crises psychiques vécues et leur nature, d’élaborer des hypothèses diagnostiques, d’identifier les cibles de travail et d’en suivre leurs évolutions thérapeutiques.

 

En conclusion, le module anamnestique PsyLife est pour le praticien un outil central qui lui permet de réaliser des entretiens d’investigation, d’élaborer des hypothèses diagnostiques et de suivre la prise en charge thérapeutique au long cours.

 

Bibliographie :

Barr D., Cochran M., RileyD. Et Whitham M. (1984) : Family empowerment : an interview, Human Ecology Forum, 14 (1), P.4-35.

Breton M. (1989) : Liberation theology, group work and the right of the poor and oppressed to participate in the life of community, Social Work with Group, 12(3), p.5-18.

Rappaport J., (1987). Terms of empowerment/exemplars of prevention: toward a theory for community psychology. Américan Journal of Community Psychologie, 15, 121-148.

Rappaport J., (1981). In praise of paradox : a social policy of empowerment over prevention, Américain Journal Of Community Psychology, 9 (1), p-2-25.

L'âme

Enfin, l’âme de l’application s’appuie sur la dimension essentielle de l’alliance thérapeutique qui selon Gaston (1990) se définit au travers de quatre sous-dimensions :

  1)  L’accord thérapeutique avec le patient sur les buts et les tâches de la prise en charge (la demande éclairée et les cibles de travail)

  2)  L’alliance de travail = la capacité du patient à fournir un travail thérapeutique (empowerment individuel)

  3)  L’alliance thérapeutique = la relation affective thérapeute-patient

  4)  La compréhension empathique du thérapeute

 

En résumé, PsyOrganizer permet d’activer de façon simple les deux dimensions techniques 1) et 2) de l’alliance thérapeutique qui sont : de s’accorder sur la cible de travail (demande éclairée) et de permettre l’alliance de travail (empowerment individuel).

 

Ainsi façonnée, l’application PsyOrganizer envisage la personne d’un point vue biopsychosociale dans une interaction permanente avec son environnement.

 

Bibliographies :

Gaston L. (1990), « The concept of the alliance and its role in psychotherapy: Theoretical and empirical considerations », Psychotherapy, 27, p. 143-153.

PRATICOPRATIQUE

Vous trouverez ici des informations techniques concernant l’utilisation du module PsyLife

? AIDE

Concernant l’utilisation de l’interface du module PsyLife, vous trouverrez de l’aide directement dans l’iPad dans le module PsyLife en haut à droite : ? Aide.                                                                   

Nous vous invitons vivement à parcourir cette aide technique de façon à bien comprendre le but de l’anamnèse visuelle ainsi que la façon de l’utiliser et de renseigner le formulaire évènement et crise.

PAR OU COMMENCER

La première vidéo à regarder, est "COMPRENDRE L'INTERFACE" elle va vous permettre d'appréhender comment dès la conception de l'application nous avons organisé et cloisonné l'information dans une interface (Privacy By Design).
COMPRENDRE L'INTERFACE

COMPRENDRE L'INTERACE

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MODULES CLINIQUES

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ÉTUDE DE CAS

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S'approprier l'espace de travail de l'interface PsyLife

Dans le module PsyLife, le parcours de vie d’un patient est conçu dans une approche systémique interactionnelle soutenu par l’idée fondamentale que nous sommes des êtres biopsychosociaux sensibles, en relation avec notre environnement. Dans cette conception, la représentation du monde que nous avons, repose sur la construction d’un environement relationnel sécure qui a du sens, et dans lequel « soutien, développement » et « autonomie » interagissent dans la constance du lien. De plus, il est important de souligner que notre rapport au monde est avant tout affectif :  j’aime / amour,  Neutre / indifférent, J’aime pas / haine. Ce rapport affectif est matérialisé dans PsyLife  par trois couleurs : Vert positif / étayant, Bleu neutre / indifférent, Fuchsia négatif / anxiogène.

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L'importance de créer un espace (blanc) entre les évènements

Pour une meilleure lecture de l’anamnèse visuelle, nous recomandons de bien séparer dans une même trajectoire de vie (catégorie horizontale) chaque évènement de vie (mémoire autobiographique ). Pour cela il est important de terminer un évènement sur un mois et faire démarer l’évènement sur le mois suivant.

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L'importance de fractionner un évènement

De façon général il est très important de faire fractionner par le patient un long évènement (plusieurs années) en des unités de temps plus courtes qui corespondent mieux aux périodes réelles des vécus émotionnels. L’attention devra être particulièrement portée sur les trajectoires de vie : Relations sentimentales (ex ci-dessous), Emploi / Formation, Domicille/ Résidence, État affectif / traumatisme.

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Dans la trajectoire relations sentimentales : l’évènement de vie relationel (Dominique secrétaire) est de couleur bleu = neutre

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Dans la trajectoire  relations sentimentales : l’évènement de vie relationel (Dominique secrétaire) est fractionné en sous évènements qui permettent de mettre en exergue l’évolution de la relation et ainsi de pouvoir éventuellement réaliser des liens causaux verticaux.

Savoir gérer les superpositions

Dans la construction du parcours de vie d’un patient, Il arrive qu’un évènement se superpose sur un autre et masque l’information. Il y a plusieurs solutions pour palier à ce problème.

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PSYCHOLOGIE ET CLINIQUE

Vous trouverez ici en quatre parties l’ensemble des théories issus des différents grands courants de la psychologie (Psychodynamique, systémique, cognitivocomportementale, humaniste) qui permettent de réaliser la prise en charge des patients avec le module PsyLife. 

Introduction

Les principaux concepts présentés ci-dessous sont décrits dans une démarche de compréhension du fonctionnement et de l’utilisation du module PsyLife ainsi que la volonté de s’approcher au plus près de la chronologie développementale de l’individu. Ils ont été sélectionnés afin d’optimiser l’utilisation du module PsyLife. Ils sont abordés de façon très succincte et schématique. Ainsi, nous vous invitons à les utiliser en les augmentant / agrémentant de vos connaissances théoriques et pratiques. Tels quels, ils ne constituent pas des modèles, mais plutôt des guides dont s’écartent plus ou moins les situations cliniques réellement rencontrées. L’objectif premier étant de replacer ces concepts et théories dans le contexte de leur utilisation avec le module PsyLife.

L'ATTACHEMENT SELON BOWLBY

Le système d’attachement de Bowlby : une théorie de la relation

Bowlby (1978) postule que « le lien de l’enfant à sa mère est le produit de l’activité d’un certain nombre de systèmes comportementaux qui ont pour résultat prévisible la proximité de l’enfant par rapport à sa mère ». Dans une perspective évolutionniste d’adaptation ce système d’attachement vise la protection et la survie de l’enfant, il repose sur une théorie comportementale instinctive.

 

L’attachement représente un lien affectif et durable entre l’enfant et sa figure d’attachement qui est habituellement la mère biologique, mais ce rôle peut être tenu par toute personne qui adopte un comportement « maternel » de qualité (cohérent et constant) sur une certaine période de temps. Il est à noter que selon Anaut (2002) il existe « une plasticité chez certains individus des styles d’attachement au cours de la vie », induisant la possibilité de créer un lien d’attachement plus tardif avec une figure stable de l’environnement socio-affectif. Dans les deux situations c’est l’importance de la qualité de l’engagement relationnel qui prime sur la quantité de temps passé.

 

De façon plus précise, l’attachement est caractérisé par cette tendance naturelle du jeune enfant à rechercher en période de détresse/stress la sécurité et le réconfort auprès de cette figure. Normalement vers l’âge de trois ou quatre ans, la séparation physique avec la figure d’attachement n’est plus vécue par l’enfant comme une menace.

 

Le niveau de sécurité intériorisé (type d’attachement) peut être facilement objectivé vers l’âge de trois ou quatre ans, notamment par l’investigation des réactions comportementales de l’enfant au moment de la séparation avec la figure d’attachement. Par exemple, en investiguant l’attitude de l’enfant devant l’entrée de l’école. Est-ce que l’enfant reste accroché à la jambe de la figure d’attachement ou est-ce qu’il court rapidement vers ses camarades ?

 

Dans la constitution de l’anamnèse visuelle c’est une période à investiguer, afin d’identifier la figure principale d’attachement et de relever la qualité du lien à cette période. L’objectif est de l’inscrire comme repère dans la trajectoire de vie du patient dans la catégorie Traumatisme/Affect et d’examiner le type lien qu’il peut y avoir par exemple avec les catégories des relations maternelles et paternelles. En effet, selon Bowlby, ce lien d’attachement (sécure ambivalent et in sécure), une fois intériorisé, servirait par la suite de modèle à toutes les relations intimes et sociales de l’individu.

 

Bibliographie

Anaut, M. (2002). Résilience, transmission et élaboration du trauma dans l’écriture des enfances blessées. Revue Perspectives Psy. Paris. Volume 41, n° 5, 380-388.

Bowlby, J. (1978). Attachement et perte : Vol. 1 L’attachement; II. Séparation, angoisse et colère ; III.

FACTEURS DE RISQUE VS PROTECTION

Santé psychique

La définition de la santé psychique la plus couramment utilisée est « … un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté » Who (2005).

 

La santé psychique ou bien-être psychologique est une composante de la capacité d’un individu à mener une vie épanouissante par une insertion efficiente dans son environnement et notamment par son aptitude à nouer des relations, les entretenir, mais aussi par sa capacité d’étudier, de travailler ou d’exercer des activités de loisirs. Cet état comprend également la capacité à prendre les décisions ou faire les choix dans sa vie quotidienne sur des questions d’éducation, d’emploi, de logement ou sur d’autres sujets.

 

Des perturbations dans le bien-être psychique d’un individu peuvent engendrer des comportements mal adaptés qui engendrent une baisse de la qualité de vie dans sa vie personnelle, dans son foyer et dans la société dans laquelle il évolue.

 

Ces troubles du comportement sont multifactoriels, les facteurs de risques familiaux et environnementaux conservent un poids important et spécifique dans leur explication et dans leur développement Rutter, (2001). En effet, il est clair que les relations parents/enfants jouent un rôle majeur dans le développement des problèmes de comportement, à travers l’expérience et le type de régulation émotionnelle qu’elles permettent Rutter (1995).

 

Dans l’étude du parcours de vie d’un patient, l’environnement social, l’âge et le temps sont des paramètres essentiels à prendre en compte dans la recherche de l’influence des facteurs de risque sur la santé psychique. Ces facteurs de risque se manifestent à tous les stades de la vie et peuvent fragiliser le psychisme humain qui alors devient plus vulnérable à l’adversité.

 

Facteurs de risque

Les perturbations du bien-être psychique d’un individu sont généralement issues d’une ou plusieurs chaînes causales. « Ces chaînes comprennent des facteurs de risques génétiques, biologiques, environnementaux et sociaux. L’effet d’un seul de ces facteurs de risques ne peut être entièrement compris en faisant abstraction de celui des autres. La compréhension de la manière dont ces facteurs de risque travaillent ensemble est donc cruciale ». Montreuil et Doron (2009).

 

Les facteurs de risque qui permettent de classer une personne à risque sont très divers : comportements, habitudes de vie, expositions à la diversité ou dangers environnementaux

comportements, habitudes de vie, expositions à la diversité ou dangers environnementaux.

 

Garmezy (1994) classe les facteurs de risque en cinq catégories :

   1)  Facteurs individuels génétiques mais aussi acquis (comme les comportements appris par imitation ou apparaissant suite à la pression des pairs). Catégorie : trajectoire de vie (Symptômes / Traumatisme) et/ou (Autre).

   2)  Facteurs familiaux (abus physiques ou sexuels, désorganisations familiales, chômage chronique, etc.) Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle) et/ou (Relation maternelle).

   3)  Facteurs en relation avec le voisinage et la communauté (par exemple, un voisinage caractérisé par un taux élevé d’abandon scolaire et/ou de délinquance qui menace le bien-être et la sécurité des enfants). Catégorie : trajectoire de vie (Social / Autre).

   4)  Facteurs en relation avec la ville de résidence ou la somme des adversités – chômage chronique, nombre élevé de personnes sans domicile fixe, habitat inadéquat, infrastructures détériorées, écoles inadéquates, soins médicaux insuffisants – entraînent la perte de l’espoir de pouvoir échapper à cet environnement nocif.

   5)  Facteurs qui créent une ambiance de négativisme et d’impuissance. Catégorie : trajectoire de vie (Social / Autre).

 

Facteurs de protection 

Rappelons que, pour qu’un enfant se développe d’une façon harmonieuse, il est nécessaire qu’il baigne dans un environnement propice. C’est ce qu’affirme en substance, Lemay (1999) « il est évident qu’un certain nombre de conditions biologiques, socio-affectives et socioculturelles sont absolument nécessaires pour permettre l’épanouissement d’un sujet. Il est tout aussi évident qu’on a besoin, pour se bâtir, d’un accompagnement parental ou substitutif formant à la fois enveloppe, creuset et lieu d’expérimentation »

 

« On appelle facteurs de protection les attributs des personnes, des environnements, des situations et des événements qui paraissent tempérer des prédictions de psychopathologie basées sur un statut individuel à risque. Ils offrent une résistance au risque. Le terme de facteurs de protection est utilisé comme un terme générique pour les modérateurs du risque et de l’adversité qui améliorent l’évolution développementale ». Werner (2000).

 

Il est important de souligner que les trois mêmes types de variable (individuelle, familiale et environnementale) agissent sur les facteurs de protection et de risque. Néanmoins, ces facteurs de protection ne sont pas nécessairement l’inverse des facteurs de risque décrits ci- avant. C’est la puissance et le rôle que joue le facteur de protection dans l’interaction avec l’environnement qui le caractérise. En effet, un facteur de protection comme par exemple le soutien d’un parent dans les apprentissages scolaires peut devenir, si le niveau d’exigence devient exagéré, un facteur de risque. Cette situation génère un stress qui entraînera une démobilisation des apprentissages scolaires et un échec. Il est à noter qu’une exigence exagérée pour un enfant particulier ne le sera pas pour un autre. C’est donc le degré d’intensité d’un facteur ainsi que sa modalité d’interaction avec d’autres facteurs, qui caractérisent la qualité de facteur de risque ou de protection Montreuil et Doron (2009).

 

Enfin Rutter (1987) montre que « la protection ou le risque n’est pas une qualité du facteur en soi du facteur lui-même, mais plus de la façon dont le facteur en question interagit avec les autres facteurs. En l’absence de facteur de stress, des facteurs de protection ou de risque en tant que tels n’ont pas d’impact » Montreuil et Doron (2009).

 

Les facteurs de protection et de risque constituent une dyade dynamique et complémentaire. « Les enfants qui n’ont pas fait l’expérience de difficultés seront vulnérables plus tard dans leur vie, tout comme ceux qui vivent des stress excessifs » Montreuil et Doron (2009).

 

La présence de facteurs de risque ne conduit pas inexorablement à l’apparition d’une forme de psychopathologie. Le risque doit être conçu dans une approche probabiliste qui nous invite à réfléchir sur les leviers de prise en charge Montreuil et Doron (2009).

 

Selon Rutter (1985) : « les facteurs de protection semblent faire référence aux influences qui modifient, améliorent ou transforment la réponse d’une personne face à un événement qui prédispose à une mauvaise adaptation. » Ils sont composés de trois éléments centraux :

  1)  Ce n’est pas l’effet agréable du facteur de protection qu’il faut prendre en considération, mais bien les qualités positives qu’il entraîne. 


  2)  Le facteur de protection joue un rôle central, même en l’absence de situations pathogènes, « leur rôle est de modifier la réponse à une future adversité plutôt que de stimuler le développement normal » Rutter (1985).

  3)  Le facteur de protection n’a pas qu’un effet d’amortisseur sur l’événement stressant : il va plutôt conduire le sujet qui y est soumis à développer ses potentialités lui permettant d’y répondre de manière adéquate. 


 

Extrait du tableau de Jourdan-Ionescu C de Montreuil et Doron (2009) qui proposent de diviser les facteurs de protection en deux grandes catégories.

1)    Les facteurs de protection qui se situent dans l’environnement externe de l’enfant. Ils se décomposent en deux sous-catégories :

         a) Les facteurs socio- environnementaux (réseau amical, lieu de socialisation) :

             –  Présence d’un riche réseau social de pairs (mesuré par le nombre d’enfants que l’enfant fréquente : amis, voisins, pairs de la garderie ou de l’école maternelle enfants de la paternité). Catégorie : trajectoire de vie (Social / Autre).

            –  Adultes significatifs dans l’environnement de l’enfant (l’enfant voit régulièrement un adulte autre que ses parents. Cette relation apporte du soutien pour lui). Catégorie : trajectoire de vie (Social / Autre) et/ou (Famille / Amis).

           –  Aide apportée aux parents pour l’éducation de leurs enfants (les parents ont facilement accès à de l’aide – offerte par des grands-parents, les autres membres de la parenté, les amis, les voisins, les collègues – pour les soutenir dans leur rôle parental). Catégorie : trajectoire de vie (social / Autre) et/ou (Famille / Amis) et/ou (Fonction paternelle) et/ou (Fonction maternelle).

          b) Les facteurs relatifs au milieu familial (relations affectives avec les parents…) :

          –  Structure éducative adéquate (les parents appliquent les normes claires appropriées à l’âge et aux capacités de l’enfant). Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle) et/ou (Relation maternelle).

           –  Interaction positive avec l’enfant (les parents vivent des moments agréables avec leur enfant en faisant des activités ensemble, en échangeant avec lui ou en partageant simplement des bons moments quotidiens comme manger ensemble, regarder la télévision ensemble, etc.). Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle) et/ou (Relation maternelle).

           –   Climat familial chaleureux (ambiance agréable dans la famille, échanges habituels affectueux). Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle) et/ou (Relation maternelle).

2)    Les facteurs de protection internes à l’enfant :
 ceux-ci renvoient de manière générale à l’âge du sujet, son sexe, son niveau intellectuel, ses traits de personnalité et de caractère :

          –   Habilités intellectuelles supérieures (mesurées par un test d’intelligence ou appréhendées lors d’une entrevue avec un spécialiste qui connaît bien l’enfant).

         –   Bonnes habiletés sociales (l’enfant a une grande facilité à entrer en contact avec les autres, autres enfants qu’adulte. Il est également capable de maintenir de bonnes relations).. Catégorie : trajectoire de vie (Relations sentimentales) et/ou (Autre).

         –   Estime de soi positive (l’enfant démontre une grande confiance en lui le Manifeste de l’assurance dans sa conduite). Catégorie : trajectoire de vie (Etat affectif / Traumatisme) et/ou (Autre).


Il est important de conserver à l’esprit que ce concept de résilience s’appuie sur la combinaison de ressources internes et externes et doit s’appréhender sous la forme d’un processus de négociation du risque : les facteurs protecteurs s’opposant au risque et les facteurs de vulnérabilité conduisant à succomber au risque.

 

Bibliographie

Garmezy, N. (1994). Floreword. In C. A. Nelson (Ed).), Threats to optimal development : Integrating biologicial, psychologicial, and social risk factors. The Minnesota Symposia on Child Psychology. Hillsdale (NJ) : Lawrence Erlbaum Associates, pp. VII-XL; 

Lemay, M. (1999). Réflexions sur la résilience. In M-P. Poilpot et al. Souffrir mais se construire. Ramonville Saint-Agne : Fondation pour l’Enfance, Erès.

Montreuil, M., et Doron, J. (2009). Psychologie clinique et psychopathologie. Presses Universitaires de France – PUF.

Rutter, M. (1985). Resilience in the face of adversity. Protective factors and resistance to psychiatric disorder, British Journal of Psychiatry, 147, 598-611.

Rutter M. (1995), Clinical implications of attachment concepts : Retrospect and prospect, J. Child Psychol. Psychiatry, 36, 549-571

Rutter M. (2001), Conduct disorders : Future directions. An afterword, in J. Hill, B. Maughan (eds), Conduct Disorders in Childhood and Adolescence. Cambridge Child and Adolescent Psychiatry, Cambridge, Cambridge University Press, 553-572

Werner,E.E (2000). « Protective factors and individual relilience », dans J.P.Shonkoff et S.J Meisels (dir), Hanbook of Early Childdhood Intervention, 2e éd, New York, Cambridge, University Pres.

Who (2005). Promoting mental health: concepts, emerging evidence, practice. World Health Organization; Geneva, Switzerland.

FONCTION MATERNELLE

La fonction maternelle

Selon Aldo Naouri (2012), la fonction maternelle est une fonction naturelle, à support biologique et qui s’exerce directement sur l’enfant. 
Elle est naturelle dans la mesure où on la retrouve, pratiquement identique à elle-même chez tous les mammifères femelles. Une jument, une brebis, ou une lionne assurent de la même façon la satisfaction des besoins primaires de leur progéniture en la nourrissant et en lui dispensant attention et protection.

 

Cette fonction est biologique dans la mesure où le comportement qu’elle initie se situe dans la suite logique du rapport biologique, que les corps de la mère et de l’enfant ont entretenu entre eux pendant la gestation. L’embryon n’a pu croître et devenir fœtus, que parce que ses besoins, en particulier nutritifs, ont été satisfaits automatiquement et sans rupture par le corps qui l’a porté et sa conséquence qui en découle est simple : « c’est la satisfaction immédiate des besoins qui assure et maintient la vie. Cette conviction s’inscrit chez l’enfant dans son registre pulsionnel et chez la mère, dans un mécanisme comportemental qui continuerait d’obéir à la logique de la grossesse. Il lui importerait, d’abord et avant tout, que son enfant « ne manque jamais de rien » Aldo Naouri (2012).

 

Le bébé le « sait » et a identifié la mère comme la dispensatrice de plaisir et la garante de son obtention. Pour le bébé, la mère est parfaitement reconnaissable. « On sait depuis les années 1970 que, dès la 16ème semaine, la gestation met en place dans le cerveau sensitif du fœtus quantité d’afférences toutes venues du corps de sa mère. Si bien que, dès sa venue au monde, le nouveau-né est capable de reconnaître, et de discriminer, son odeur, le goût des aliments qu’elle apprécie, sa manière de toucher et de porter et sa voix » Aldo Naouri (2012).

 

Il est à noter que l’exercice ou la mise en œuvre de la fonction maternelle n’est pas pour autant du ressort exclusif de la mère. Toute personne ou instance qui œuvre à satisfaire le bébé et plus tard l’enfant s’en trouve revêtue. « Mais aucun de ces substituts ne peut jamais supplanter la mère réelle. Le tout petit la reconnaît instantanément dès qu’il la retrouve même s’il passe 11 heures par jour avec sa nounou de crèche » Aldo Naouri (2012).

 

Cette approche de la fonction maternelle nous permet de comprendre la mise en place d’une communication dont l’intensité et la fiabilité sont à nulle autre pareilles. En conséquence, dans PsyLife il est important d’investiguer et de renseigner dans la catégorie Relation maternelle la qualité de cette fonction en identifiant les périodes (événements composés de faits et de vécus = affects) en particulier aux périodes clefs du développement de l’enfant en passant par la période de l’adolescence puis du jeune adulte jusqu’à la période d’émancipation matérialisée dans PsyLife par un trait vertical bleu.


Bibliographie

Aldo Naouri (2012) Journées d’étude du Groupe Régional Franche-Comté de la Convention Psychanalytique

FONCTION PATERNELLE

La fonction paternelle

Si la fonction maternelle se retrouve à l’identique chez les autres mammifères (support biologique), la fonction paternelle est une fonction spécifique à l’humain. Il n’y a aucun support biologique chez l’homme qui permette à l’enfant de construire la genèse de l’investissement de cette fonction, Naouri (2012).

 

La fonction paternelle est introduite auprès de l’enfant par la mère qui reconnaît en tout premier lieu cette fonction pour elle. Ce serait une « forme de prise de conscience » qui engagerait un processus qui signalerait en quelque sorte à l’enfant :

   –  La relation duelle modélisée sur celle qui a marqué le temps de la gestation a pris fin.


   –  Nous ne sommes plus en tête à tête. 


   –  Un tiers existe, qui compte énormément pour moi et auquel j’accorde toute légitimité à régler notre relation. 


   –  Je n’agis pas en mon propre nom, mais j’agis toujours au nom de ce tiers, lequel n’a pas besoin d’intervenir pour exister.

 

Rappel : Tout processus qui ouvre l’enfant sur le monde symbolique, le met sur la voie de la prise de conscience de : 


   –  L’existence de l’autre. 


   –  Sa propre identité sur fond de l’existence de cet autre. 


   –  La nécessité comme des vertus du refoulement (action de s’interdire d’exprimer un désir, un sentiment ou de refuser de satisfaire une tendance naturelle).

 

Ce recours au tiers, tout en atténuant l’éventuelle violence de l’intervention directe de l’acteur, confère à la mère une force infiniment plus grande.

 

Cette première condition d’introduction du père doit être assortie de la satisfaction d’une seconde condition. Il faut que le père accepte d’exercer cette fonction de tiers régulateur « frustrateur », et qu’il ne la fuie pas en se substituant à l’exercice de la fonction maternelle en se comportant comme une mère-bis.

 

En résumé, cette fonction paternelle intervient, du côté de l’enfant comme du côté de la mère, et principalement sur le registre du plaisir dont elle a la faculté de moduler, différer ou censurer l’obtention. « Si bien que lorsqu’il en est repéré comme l’acteur, elle vaut au père, comme je l’ai laissé entendre, une aura menaçante, sinon mortifère, sur fond de l’équation plaisir = vie. Laquelle aura lui vaut en retour de constituer le réceptacle tout indiqué de la sourde et constante agressivité de ses enfants » Naouri (2012).

 

« Aussi paradoxal et révoltant que cela puisse paraître à nos mentalités condamnées au vertueux progressisme, la fonction paternelle ne parvient à ses fins qu’en procédant à une mainmise égoïste et menaçante sur le plaisir voire à sa confiscation. Lorsque, guidé par le souci de l’obtention du plaisir sexuel qui est le sien, un père ramène la mère de son enfant à l’investissement de sa féminité, il substitue le plaisir qu’il lui donne à celui qu’elle tire de l’exercice de sa propre fonction. C’est ainsi qu’il entame la compacité de cette fonction et qu’il prive du même coup l’enfant de la disponibilité, toute et sans faille, de sa mère » Naouri (2012).

 

« Le processus n’est cependant pas aussi aisé à mettre en place qu’on pourrait le croire. Et la biologie en témoigne puisque la présence de l’enfant permet à elle seule à la mère d’atteindre le taux optimal de l’hormone du bien être (l’ocytocine) et de se passer de l’autre stimulus commun aux deux sexes : le coït » Naouri (2012).

 

C’est cette première privation (frustration) de la disponibilité entière et sans faille de la mère pour son enfant qui va faire le lit de toutes les autres et permettre leur mise en place. Elle aboutira notamment à faire différer par la mère la satisfaction du besoin de son enfant. Ce qui a pour conséquence par l’écoulement du temps de différer les besoins de l’enfant et donc de permettre à ce besoin d’acquérir le statut d’une demande dont l’attente de la satisfaction armera le désir.

 

C’est en cela qu’il est dit du père qu’il intervient comme tiers dans la relation jusque-là duelle pour la régler et en tempérer les éventuels excès. De cette situation, il est facile d’imaginer que la psyché de l’enfant ne puisse pas conférer à la fonction paternelle un statut aussi attrayant que celui de la fonction maternelle. « C’est la raison pour laquelle cette fonction lui concède à peine celui d’une métaphore qu’elle met à l’origine de tous les « non » qui interviennent et qui s’opposent en quelque sorte à la cascade souhaitée et toujours attendue des « oui » maternels » Naouri (2012).

 

« Ce qui permet de comprendre aussi que, quel qu’en soit l’auteur, un « non » émis en direction de l’enfant ou de sa mère ressortit toujours de la fonction paternelle. Et que, en conséquence, un minimum de fonction paternelle auprès d’un enfant peut être exercée, par touches minimes simultanées ou successives, par toutes sortes d’autres personnes ou d’instances que le père investi de l’enfant » Naouri (2012).

 

« Si on se place du seul côté d’une nature, dont nous avons tout de même hérité notre registre pulsionnel, la fonction paternelle ne peut qu’être plus ou moins violemment rejetée aussi bien par l’enfant que par la mère » Naouri (2012).

 

De cette approche psychanalytique il en résulte que la fonction paternelle ne peut échoir à un père que si une mère accepte de lui en concéder l’exercice. Ce qui laisse clairement entendre que l’installation de cette fonction paternelle en un double mouvement peut ne pas se produire.

 

En conclusion, l’explication de la fonction paternelle nous permet de comprendre la difficulté de sa mise en place et des conséquences sur le développement de l’enfant. Dans PsyLife il est recommandé d’investiguer et de renseigner dans la catégorie Relation paternelle la qualité de cette fonction en identifiant les périodes (événements composés de faits et de vécus = affects) en particulier aux périodes clefs du développement de l’enfant en passant par la période de l’adolescence puis du jeune adulte jusqu’à la période d’émancipation matérialisée dans PsyLife par un trait vertical bleu.

 

Bibliographie

Aldo Naouri (2012) Journées d’étude du Groupe Régional Franche-Comté de la Convention Psychanalytique

CARENCES DISTORSIONS AFFECTIVES ÉDUCATIVES

Les carences et distorsions affectives et éducatives

On peut retrouver chez de nombreux développementalistes l’idée selon laquelle les très jeunes enfants sont capables de bien plus que ce que l’on soupçonne habituellement, et qu’il puisse exister des signes précoces de souffrance mentale qui, s’ils ne sont pas repérés et modifiés, annoncent le tableau futur du « syndrome carentiel » Aubry (1955).

 

Pour Michel Lemay l’enfant est l’être vivant qui a besoin du plus long temps pour grandir. Son vécu donne lieu à des engrammes (empreintes) qui deviendront des souvenirs puis des représentations. « Quand il naît, l’enfant est tout en confusion et en fusion. Il va devoir entamer un processus de séparation (= il est distinct des autres) et d’individuation (= caractéristiques propres lui permettant d’exister parmi d’autres sujets individués) ».

 

Rutter (1972), lui, souligne : « Il est toujours essentiel de reconnaître à la fois les obstacles à un développement et les forces et richesses du sujet côtoyé ».

 

Enfin, Nacht (1965) précise le rôle que joue la frustration dans l’édification du sujet. « C’est dans le déplaisir, l’insatisfaction ou la souffrance que l’agressivité semble puiser sa source. Or, le déplaisir, l’insatisfaction, en un mot la frustration partielle des besoins instinctuels, marquent à chaque instant le développement de l’être humain et des sociétés civilisées, d’où la participation des réactions d’agressivité à l’édification de la structure de la personnalité à tous les stades de son évolution…

 

Que d’autres circonstances accentuent le sentiment de frustration (négligence, irrégularité des soins, brusquerie ou hostilité maternelles même intermittentes, jalousie envers un autre enfant), que le sevrage soit intempestif ou brutal, et l’on verra échoir la prévalence à l’élément agressif. C’est ici que se situe un des moments décisifs de la personnalité puisqu’il marque la qualité des liens entre sujet et objet, entre soi et autrui«  Nacht (1965).

 

Pendant l’enfance, les carences affectives et éducatives ainsi que les distorsions affectives et éducatives constituent des empreintes qui se révèleront sur l’individu plus âgé au travers de symptômes et de comportements spécifiques Reignier P. (2014).

 

Carences

Les carences affectives et éducatives sont des insuffisances quantitatives d’interaction avec les parents quelle qu’en soit la qualité.

   –  Quand il y a carence avec les pères, ceux-ci sont généralement totalement absents, absence généralement non compensée par un milieu substitutif. Quand ils reviennent, c’est en général à la période de latence (de 6 à 12 ans) ou bien à la préadolescence (12 ans). Dans ces deux situations, en général le père démissionne de son autorité ou devient trop sévère, voire brutal. Reignier P. (2014). Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle).

   –  Avec la mère cette carence d’interaction par une absence pendant les 1ères années de la vie qu’elle soit temporaire ou définitive peut gravement perturber l’évolution de la personnalité d’un enfant, la maturation de son affectivité et de sa conscience morale. La frustration profonde de l’enfant est la source de la manifestation d’une intense agressivité. Le principe de plaisir (ou de l’immédiateté) perdure et n’est pas remplacé par le principe de réalité qui permet, à l’âge adulte, de s’intégrer socialement. Reignier P. (2014). Catégorie trajectoire de vie (Relation maternelle).

 

Distorsions

Les distorsions affectives et éducatives sont des insuffisances qualitatives d’interaction avec les parents. Reignier P. (2014).

    –  Quand il y a distorsion avec les pères, ceux-ci sont généralement malades ou éthyliques, soit ils démissionnent de l’autorité du père soit ils sont trop sévères ou violents.

   –  Avec un père démissionnant de son autorité de père, l’enfant n’a pas de modèle « viril » satisfaisant, cela engendre des sentiments d’infériorité et d’insécurité alors l’enfant cherchera constamment à se valoriser, se vanter. Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle).

L’enfant reste immature et s’affirme négativement par des colères, bagarres et grossièretés. Ce comportement masque sa peur et sa faiblesse profondes.

L’enfant reste ambivalent par rapport à l’autorité mais en réalité il ne peut la supporter d’où qu’elle vienne.

Avec un père trop sévère ou violent, l’enfant développe un sentiment de crainte excessive. Catégorie : trajectoire de vie (Relation paternelle, État affectif/Traumatisme).

Il se distingue par une attitude renfermée, passive ou par une hyperémotivité, une anxiété ou des tendances dépressives.

Trois quarts sont décrits comme stables, disciplinés, travailleurs, mais dépendants affectivement. Catégorie : trajectoire de vie (État affectif/Traumatisme).

Un quart se montre instable, inadapté, précoce, opposant à toute forme d’autorité et souvent délinquant. Catégorie : trajectoire de vie (État affectif/Traumatisme).

 

    –  Quand il y a distorsion avec la mère, celle-ci se révèle généralement sous quatre formes :

       1)  Instable dans son attitude « mauvaise mère »

       2)  Hostile « mauvaise mère »

       3)  Indifférente « mauvaise mère »

       4)  Faible « trop bonne mère »

 

L’instabilité de la mère, son hostilité ou son indifférence « mauvaise mère », peuvent engendrer des troubles du comportement sur l’enfant qui peuvent se manifester par de l’agressivité, de l’impulsivité, des colères et/ou de la violence répétitives et disproportionnées par rapport à la situation. Dans ces situations, les enfants répondent à autrui comme ils ont été appelés à répondre à leur « mauvaise mère », c’est-à-dire de façon agressive et défensive. Reignier P. (2014). Catégorie : trajectoire de vie (État affectif/Traumatisme).

 

Une mère faible « trop bonne mère » rend l’enfant incapable de se plier aux exigences et à la discipline d’une vie sociale normale. Catégorie : trajectoire de vie (Relation maternelle). La mère rend son enfant généralement immature, souvent passif ou influençable, mais aussi insatisfait et revendicateur. Catégorie : trajectoire de vie (État affectif/Traumatisme). Elle conditionne l’instabilité scolaire et professionnelle. Catégorie : trajectoire de vie (État affectif / Traumatisme). L’origine vient du fait qu’elle n’a pas formé l’enfant assez tôt à accepter les frustrations nécessaires pour passer normalement du principe de plaisir au principe de réalité Reignier P. (2014). Catégorie : trajectoire de vie (Relation maternelle).

 

Bibliographie

Aubry J. (1955). La carence des soins maternels, P.U.F., Paris.

Nacht S. (1965). Le masochisme, Paris, Petite Bibliothèque Payot

Reignier P. (2012). Psychopathologie, sémiologie et Psychodynamique, Carence et distorsion, Cours pour la licence2 de psychologie clinique Paris 8 et SUFP Réunion, 2011-2012.

Rutter M. (1972). Maternal Deprivation Reassessed, Penguin Book, Harmondsworth.


RELATION D'ÉTAYAGE

La relation d’étayage 

En psychologie clinique, la relation d’étayage désigne une modalité de relation d’objet caractérisée par la dépendance du sujet à l’objet. Cet objet apparaît indispensable à l’équilibre psychoaffectif du sujet.

 

Gilliéron (1994) a développé la notion d’étayage objectal et sa fonction équilibrante sur le psychique. Dans ce modèle, l’équilibre psychique résulte d’un jeu souple entre les dimensions intrapsychiques et intersubjectives du fonctionnement du sujet.

L’équilibre psychique toujours fluctuant se fonde sur un triptyque :

   1)  Les facteurs individuels (l’héritage génétique et constitutionnel créent une organisation intrapsychique).

   2)  Les facteurs liés à la dynamique de la relation à l’objet, en termes d’influence réciproque et donc de logique interne.

   3)  Les facteurs contextuels (famille d’origine et entourage actuel, contexte social, professionnel …).

 

Tout individu aménage ses relations affectives proches et durables en fonction de la structure de sa personnalité et de son caractère (Despland et al., 2010). Le caractère représente la partie émergée de l’image que l’individu garde de lui-même à travers les relations qu’il établit. « Dans ce contexte de l’étayage objectal, la crise est définie comme la survenue d’un événement psychique, relationnel, social, mais aussi somatique dont les répercussions psychiques mettent en cause cette image que le sujet voudrait garder de lui-même » (Despland et al., 2010 p 62).

 

A partir de ces prémisses, tout événement qui peut venir remettre en question la dynamique de cet étayage peut être à l’origine d’une situation de crise psychosociale (Camus, 2008). « Cette crise reflète la difficulté qu’éprouvent ces individus à modifier l’image qu’ils ont d’eux-mêmes, seule possibilité d’assumer un réaménagement de leurs relations affectives » (ANAES, 2002, cités par Camus, 2008 p. 65).

 

Plusieurs événements ordinaires mais impactants pour l’individu peuvent constituer une rupture d’étayage comme par exemple, une promotion professionnelle, un déménagement, une rencontre inattendue, une maladie, le deuil… (Despland et al., 2010).

 

Il est à noter que cette période de déséquilibre peut déboucher soit sur une tentative de restauration de l’ancienne homéostasie, soit une tentative de changement en vue d’un nouvel équilibre (Despland et al., 2010). Dans ce contexte, la production de symptômes est à comprendre comme la recherche d’un compromis qui vise à retrouver l’état d’équilibre objectal antérieur à la crise. Si la répétition l’emporte, la symptomatologie se reproduit, perdure, et l’individu peut éprouver un sentiment d’impasse qui peut l’amener à consulter (Despland et al., 2010).


Dans PsyLife, il est recommandé de repérer les principales relations objectales que peut entretenir le sujet avec son environnement social et de renseigner dans les catégories (Social/Autre, Famille/Amis, Mes parents, Mes enfants, Relations sentimentales et Autre) les individus qui jouent ce rôle d’étayage. Ces individus sont d’une valence positive (couleur verte) quand ils maintiennent l’équilibre psychoaffectif et sont alors des ressources sur lesquelles le sujet peut s’appuyer pour augmenter l’effet « contenance ». Ils sont d’une valence négative (couleur fuchsia) quand ils perturbent l’équilibre psychoaffectif (décès, séparation, éloignement …) et alors ils deviennent des cibles de travail de façon à accompagner et/ou faciliter le « deuil ».


Bibliographie

Camus, V. (2008). De quelques questions éthiques posées par l’intentionnalité et les conduites suicidaires, Revue d’éthique et de théologie morale (n° 248), p. 59-78.

Despland, J.-N., Michel, L., et Roten, Y. (2010). Intervention psychodynamique brève. Issy-les-Moulineaux France : Elsevier Masson.

Gilliéron, E. (1994). Le premier entretient en psychothérapie. Paris : Dunod.

RÉSILIENCE ASSISTÉE

La résilience assistée

La résilience est la capacité d’un individu qu’il a à rebondir, à se construire, à poursuivre un développement normal malgré des conditions difficiles, à retrouver une existence positive malgré un traumatisme psychique. C’est un processus complexe qui intervient dans la relation qu’a un individu avec un environnement impactant.

 

Dit autrement, la résilience concerne les ressources dont fait preuve une personne pour faire face aux épreuves habituelles ou inhabituelles de l’existence.

 

Valoriser l’estime de soi et les compétences psychosociales (facteurs de protection) d’une personne l’aide à développer sa résilience.

 

Depuis environ vingt ans, les cliniciens ont esquissé une nouvelle perspective dans leur intervention, désignée sous le nom de la résilience assistée. Ionescu, (2004). Elle inaugure une nouvelle approche clinique centrée sur les forces et ressources de l’individu plutôt que sur les troubles, les dysfonctionnements, les handicaps et les pathologies Montreuil et Doron (2009).


La résilience assistée peut être définie par une série de caractéristiques :

   1)  « La mise en évidence et le développement des potentialités des personnes à risque. L’accent est ainsi mis sur une série de facteurs psychologiques connus comme facilitateurs de la résilience (estime de soi, capacité à susciter de la sympathie, image de soi positive, sentiment de contrôle sur la vie, créativité, humour, etc.) » ;

   2)  « Le dépistage des ressources existantes dans l’entourage de la personne (par exemple, des adultes pouvant exercer le rôle de tuteurs de résilience, personnes qui peuvent maintenir, sur une longue période de temps, des liens significatifs et empathiques avec la personne respective ou, encore, un réseau de soutien contribuant à créer un cadre sécurisant et compréhensif, un véritable « filet » de protection) » ;

  3)  « La mise sur pied de programmes de prévention. Selon Wenar et Kerig (2000) , trois formes de prévention peuvent être décrites : 1 / la prévention primaire qui vise à prévenir l’apparition des troubles ; 2 / la prévention secondaire, centrée sur l’identification précoce des premières manifestations des troubles, qui vise à arrêter leur développement avant l’installation des symptômes qui caractérisent la forme complète de ces troubles ; 3 / la prévention tertiaire qui a comme objectif d’empêcher l’aggravation ou la réapparition des troubles (dans ce dernier cas, il s’agit de la prévention des récidives). Ainsi conçue, la prévention tertiaire vise la diminution de la durée des troubles et de leurs conséquences ;

 

La mise en œuvre d’une stratégie d’intervention de type maïeutique (c’est-à-dire à partir de la méthode par laquelle Socrate, fils de sage-femme, disait qu’on pouvait faire accoucher les esprits des pensées qu’ils contiennent sans le savoir). Il s’agit là de remplacer le caractère souvent directif, contraignant, intrusif même, des interventions par un véritable accompagnement qui, en facilitant l’actualisation des compétences de la personne et leur utilisation pour faire face à l’adversité, façonne la résilience » Montreuil et Doron (2009).

 

Tuteur de résilience

Coulardot (2002) présente « l’être humain comme un être social, qui sans relation, sans lien, s’étiole et dépérit ». Le patient en crise psychique est en quête de lien, parce que ce lien lui permet d’exister en tant qu’être humain et personne vivante. Selon Manciaux (1998), c’est par la « rencontre signifiante » que naissent les fondements de la résilience. Ce sont ces personnes qui rendent possible la reprise du développement après la confrontation à un événement traumatisant, personnes que Cyrulnik (1999) nomme tuteurs de résilience.

 

Le tuteur de résilience désigne toute personne offrant à l’individu un soutien et une présence solide par une relation de confiance qu’il instaure avec le sujet ainsi que par la force du lien établi. Il a le « pouvoir » d’amener le sujet à mobiliser ses ressources internes et réveille en lui son potentiel de résilience. Grace à ce lien, le sujet bénéficie d’un support sécurisé qui agit comme le « holding » de Winnicott.

 

Selon la prise en charge du sujet, il peut être salvateur d’identifier dans son parcours de vie les personnes qui ont incarné le rôle de tuteur de résilience ou bien les personnes dans l’entourage socio-affectif actuel qui pourraient potentiellement endosser ce rôle. Ces personnes ressources seront préférentiellement identifiables dans les trajectoires sociales : Amis et Famille, Mes parents, et Relation sentimentale, teintées d’une valence positive de couleur verte.

 

Bibliographie

Coulardot I (2002). L’enfant : être du devenir – 1001 bb n°53

Cyrunik B (1999). Un merveilleux malheur, Paris : Odile Jacob.

Jourdan-Ionescu, C. (2004). Présentation. Revue québécoise de psychologie, 25(1), 7-20.

Manciaux M (1998). « La résilience : mythe ou réalité ? », in Ces enfants qui tiennent le coup / sous la dir. de B. Cyrulnik, Revigny-sur-Ornain, Hommes et Perspectives.

Montreuil, M., et Doron, J. (2009). Psychologie clinique et psychopathologie. Presses Universitaires de France – PUF.

Wenar, C. & Kerig, P. (2000). Developmental psychopathology. From infancy through adolescence (4ème édi on). Boston : McGraw-Hill.

RÉPÉTITION INCONSCIENTE

Les répétitions inconscientes du Dr Nasio

Selon Nasio (2012) « L’inconscient est la force qui nous pousse à répéter sereinement les mêmes comportements heureux – et alors la répétition est une répétition saine et l’inconscient est une force de vie – ; ou qui nous pousse à répéter compulsivement les mêmes erreurs et les mêmes comportements d’échec – et alors la répétition est une répétition pathologique et l’inconscient une force de mort ». L’inconscient aurait donc un rôle central dans l’activation des actes répétitifs heureux ou malheureux qui construisent notre existence. Les actes sont conscients et perçus par le sujet qui les accomplit mais leurs causes originelles restent ignorées. « C’est pourquoi l’expression « répétition inconsciente » signifie répétitions dont la cause est inconsciente ».

 

Pour Nasio, la répétition est une suite d’au moins deux occurrences où un objet (événement de vie dans PsyLife) apparaît – première occurrence -, disparaît, et réapparaît – deuxième occurrence -, chaque fois légèrement modifié toutes les fois où il ressurgit. Il est à noter que l’événement heureux ou pathologique (suite de trois occurrences) ne se répète jamais de façon complètement reconnaissable, mais sous des aspects sensiblement différents qu’il est facile d’observer dans PsyLife sur une trajectoire particulière notamment au niveau des catégories : Domicile / Résidence, Emploi / Formation, Relations sentimentales, Etat affectif / Traumatisme.

 

Répétition saine

Selon Nasio la répétition saine n’est pas compulsive et elle est essentiellement « une tendance irréductible qui n’a de finalité que de rester toujours une force qui va et nous entraîne à devenir davantage nous-mêmes. La répétition produit sur nous trois effets éminents : préserver notre unité d’individu, développer au maximum nos potentialités et consolider le sentiment que nous sommes le même hier et aujourd’hui. La répétition produit-elle un triple effet bénéfique : la conservation de soi, l’épanouissement de soi et l’affirmation de notre identité ».

 

Par exemple chez un patient de 50 ans, il a été observé dans sa trajectoire sociale (Domicile / Résidence) que la totalité des événements de vie répétitif de cette catégorie étaient sains. Quel que soit le lieu d’habitation/ résidence : la ville, la campagne, en collectivité, en internat, en colocation, en couple, seul, dans une maison ou en appartement, toutes ces périodes de vie ont été identifiées avec une valence affective positive de couleur verte. Ce patient est dans une répétition saine génératrice de force de vie qui met en exergue des capacités d’adaptation et de socialisation élevées et donc d’une compétence restée jusque-là inconsciente. Elle est maintenant révélée dans PsyLife par une organisation temporelle visuelle et synthétique de l’information. Une fois identifiée et signifiante pour le sujet, celui-ci peut s’appuyer sur cette compétence dans son rapport au monde, voire réédifier et/ou consolider l’affirmation de son identité.

 

Répétition pathologique inconsciente

La répétition pathologique est très différente, elle est insistante et compulsive (incontrôlable et que rien n’arrête). Elle se manifeste sous la forme d’une « émotion infantile, violente et refoulée qui apparaît, disparaît, réapparaît et réapparaît encore quelques années plus tard, à l’âge adulte, sous la forme d’un vécu troublant dont le symptôme et le passage à l’acte sont les paradigmes »

.

Une prémisse à conserver en arrière-plan pour le praticien. En écoutant la plainte d’un sujet, le praticien sait spontanément que ce que le sujet vit aujourd’hui est forcément la répétition pathologique de ce qu’il a vécu hier. A ce titre, il est important d’identifier l’événement circonstanciel où est apparue la première manifestation du symptôme et/ou passage à l’acte. En effet, cet élément est indispensable pour comprendre le processus de l’installation du trouble. Il y a toujours une première fois et elle est résolument décisive, parce que c’est que la charge affective sans « symbolisation » s’est engrammée inconsciemment dans la psyché de façon pénétrante et ineffaçable.

 

Selon Nasio, cerner l’éruption originelle est bien plus révélatrice de la signification du trouble que ses réapparitions ultérieures et c’est bien cette signification que le praticien doit chercher à comprendre :

   –  « Pourquoi ce trouble a-t-il été nécessaire ? »

   –  « Quel a été l’enchaînement des événements psychiques qui l’a rendu nécessaire ? »

   –  « De quel problème le dit trouble est-il la « mauvaise » solution » ?

 

Si le praticien parvient à répondre intérieurement à ces interrogations alors il aura réalisé une avancée importante dans sa recherche de la signification du trouble.

 

Concrètement dans PsyLife, l’objectif du praticien est alors de repérer la/les configuration(s) de la/les « guirlande(s) » des répétitions inconscientes pathologiques. C’est l’identification et la recherche de la signification pour le praticien de cette guirlande qui va le centrer sur l’exploration approfondie de l’histoire de ce symptôme parce qu’elle définit le patient de façon très intime. C’est cette signification éclairée du praticien qui sera activée par touches (reviviscence) dans la multitude des interactions avec le patient afin qu’il puisse s’approprier la signification du symptôme resté jusque-là inconscient.

 

Au fond, autour de chaque patient il gravite deux ou trois blessures majeures, souvent ouvertes dans l’enfance ou l’adolescence. Ce sont les plaies à « cautériser » par des processus d’élaboration et de mentalisation qui se caractérisent par une prise de conscience émotionnelle, ici, dans cette approche psychanalytique une reviviscence thérapeutique, progressive, sereine et verbalisée. Ainsi, la compulsion de répétition se dissout graduellement au fur et à mesure des entretiens de mentalisation.

 

La répétition pathologique s’identifie dans PsyLife sous la forme que prend le trajet horizontal d’un comportement (ex. un passage à l’acte) ou symptômes (physique, psychique), « guirlande » que le praticien peut observer dans une trajectoire sociale particulière sous la forme d’un événement de couleur fuchsia qui apparaît, disparaît et réapparaît chaque fois légèrement différent et à des moments et des contextes variables.

 

Pratico-pratique

Le rôle du praticien est donc d’identifier un événement saillant de répétition, de l’extraire du flux incessant de la vie et de compter son nombre d’apparitions. C’est ainsi que le praticien transforme un simple fait en ce que Lacan nomme un signifiant et que Nasio définit comme : « toute manifestation involontaire d’un sujet, susceptible d’être comptée par le sujet lui-même ou par autrui ».

 

C’est ici que la force de l’outil PsyLife excelle par la mise en exergue visuelle des répétitions saines (de couleur verte) ou pathologiques (de couleur fuchsia) qui se nomment dans des traditions d’orientation ésotérique : « le karma négatif ».

 

Avec PsyLife, il revient au praticien d’exercer son art, et sa clinique de la façon qu’il lui convient. Ainsi, il peut choisir de contextualiser la signification éclairée du symptôme en s’appuyant de façon plus ou moins prononcée sur la guirlande des événements répétitifs qui apparaissent de façon visuelle sur la trajectoire de vie correspondante.

 

Pour aller plus loin dans l’utilisation de PsyLife, le praticien est invité à caractériser la nature de la crise psychique/tumulte correspondant à l’émergence du symptôme originel. L’objectif est alors de suivre l’évolution de la prise en charge de la crise par l’évaluation (pastille crise) de la résolution (rédemption) du symptôme/comportement.

 

Il est à noter que selon la nature du symptôme/trouble, le praticien peut s’appuyer également sur des outils psychocorporels comme par exemple : EMDR, HTSMA etc.

 

Bibliographie

Nasio, J.-D. (2012). L’Inconscient, c’est la répétition. Paris : Payot.

 

EMDR / AMO ...

EMDR : Eye-Movement Desensitization and Reprocessing, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires.

Découverte et développée la fin des années 80 dans la Baie de San Francisco par Francine Shapiro, l’EMDR est devenue un des modes de traitement psychothérapeutique du PTSD (ou ESPT : État de Stress Post-Traumatique). La méthode ne s’applique pas qu’aux grands chocs, mais aussi aux plus petits traumatismes de la vie, comme les expériences pénibles laissant un souvenir trop empreint de souffrance.

 

Selon le psychiatre David Servan-Schreiber « Si un événement douloureux a été mal « digéré” parce que trop violent, les images, les sons et les sensations liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Le mouvement oculaire débloque l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète le travail ».

 

« L’approche de l’EMDR combine la stimulation directe de l’attention avec des découvertes faites par de nombreuses écoles de psychothérapie » notamment : les approches cognitivo-comportementales qui travaillent sur les schémas du moi et des pensées limitantes connectées à des émotions négatives, ou encore la psychanalyse qui conçoit les difficultés du présent comme des résurgences d’événements douloureux du passé engrammés dans des chaînes associatives de mémoire. Enfin, l’EMDR est lien avec l’hypnose ericksonienne par la manipulation directe de l’attention et celle de la Gestalt par l’importance donnée au ressenti corporel dans l’ici et maintenant. Saphiro (2007)

 

Dans cette approche de la réduction des troubles, le module PsyLife a été conçu pour mettre en exergue dans un premier temps les multiples traumas et événements douloureux qui apparaissent en couleur fuchsia. Dans un second temps, l’objectif est d’identifier une cible de travail (événement impactant) qui a été générateur d’une crise psychique ou tumulte. Une fois la nature de la crise identifiée, l’intensité de l’impact originel et actuel (résiduel) est évaluée et renseignée au moyen d’échelles (pastilles de couleur de 0 à 10). Arrive le troisième temps qui consiste à évaluer au cours de la séance ou à chaque séance les effets du travail réalisé en EMDR sur l’événement générateur de la crise. Une fois la crise traitée, il est important de la clôturer par le bouton vert (Traité), alors, un encadrement vert apparaît au niveau de la description de la nature de la crise qui stipule que cette crise a été clôturée « rédemption ». Cette ligne fuchsia clair située en bas de l’écran réservé aux crises permet dans une prise en charge au long cours d’apprécier la nature de la crise, l’intensité ainsi que le rythme éventuel de ses répétitions.

 

Bibliographie                                     

Shapiro F. (2007). Manuel d’EMDR (Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires) : Principes, protocoles, procédures

REDOUBLEMENT SCOLAIRE

Les significations du redouble scolaire

Concernant le redoublement scolaire, les idéologies généralement admises dans la manière d’intervenir en premier temps, consiste à lire la réalité de l’échec scolaire (redoublement rectangle rouge dans PsyLife) c’est-à-dire à comprendre l’échec en tentant de cerner les causes qui peuvent se situer dans les caractéristiques de l’enfant et/ou de son environnement.

 

PsyLife facilite le diagnostic causal en se référant à plusieurs théories psychologiques explicatives décrites ci-après.

 

Caractéristiques de l’enfant

En référence aux théories cognitives et développementales de Piaget et de Feurestein, il pourra tout d’abord être évoqué l’immaturité ou une dysharmonie du développement qui ne permet pas à l’élève d’accéder au contenu qui lui est proposé dans le contexte scolaire qui correspondrait à son âge chronologique. (Difficultés d’apprentissage à renseigner dans la catégorie : Etat affectif/Traumatisme, en définissant la période correspondante).

 

Du point de vue des neurosciences diverses, jusqu’aux théories médicales, l’angle de lecture est celui des causes neuropsychologiques : pathologique cérébrale ou perturbation génétique, dysfonctionnements du système nerveux central ou difficultés sensorielles (vision, audition…). Les défaillances sont d’ordre biologique, le cerveau et/ou les organes sensoriels de l’enfant perturbent les processus d’apprentissage. (Difficultés d’apprentissage à renseigner dans la catégorie état Affectif/Traumatisme, en définissant la période correspondante).

 

En nous appuyant sur les références des théories psychanalytiques, il sera invoqué des causes psychopathologiques : c’est la mise en lien de différents événements de l’histoire de l’enfant qui explique l’émergence de syndromes psychiques névrotiques, psychotiques qui entravent l’accès à l’apprentissage. Le diagnostic sera axé sur les troubles névrotiques, psychotiques, affectivo-relationnels ou encore troubles de la personnalité. (Difficultés d’apprentissage à renseigner dans la catégorie : Etat affectif/Traumatisme, en définissant la période correspondante). Dans le titre, il peut apparaître pour mémoire les liens avec des événements sociaux.

 

Environnement

D’autres approches comme celles de Bernstein (1975) ou de Labov (1976)) se focaliseront plutôt sur des causes sociales : l’axe d’investigation est orienté vers la qualité du milieu socioculturel et sa cohérence et non avec la culture de l’école, ou encore les effets de l’immigration et du bilinguisme, c’est-à-dire tout phénomène qui entrave l’accession à la culture de l’école, à sa compréhension. (Difficultés d’apprentissage à renseigner dans la catégorie : Etat affectif/Traumatisme, en définissant la période correspondante). Les catégories Social/Autre, Famille/Amis, Relation maternelle, Relation paternelle, Domicile/Résidence devraient faire apparaître quelques faits en couleur fuchsia.

 

Enfin, du point de vue systémique c’est le fonctionnement familial comme environnement qui est responsable des difficultés scolaires de l’enfant. Il sera alors proposé une remédiation au travers d’une thérapie familiale. (Difficultés d’apprentissage à renseigner dans la catégorie Etat affectif/Traumatisme, en définissant la période correspondante). Les catégories Social/Autre, Famille/Amis, Relation maternelle, Relation paternelle, Domicile/Résidence devraient faire apparaître quelques faits en couleur fuchsia.

 

Enfin, il est à noter que, selon Coley, Kull (2016), les déménagements choisis ou subis constituent très souvent un bouleversement psychique qui peut nuire aux résultats scolaires et provoquer des changements de comportement. Dans PsyLife, il est recommandé de vérifier s’il y a des liens entre des redoublements, des comportements, et des déménagements.

 

Toutes ces théories permettent au clinicien de constituer une anamnèse et un diagnostic précis autour d’un échec et/ou redoublement scolaire et de définir s’il y a besoin, un axe de travail par rapport à la situation clinique (âge du patient, besoin, demande …).

 

Bien évidemment si la demande (du patient, des parents, de l’institution) concerne le redoublement alors le but est de rééduquer les processus déficitaires, de compenser les déficits socioculturels ou linguistiques…

 

Bibliographie                             

Bernstein B., (1975), langage et classes sociales – codes sociolinguistiques et contrôle social, Paris, Éd. De Minuit.

Labov W., (1976), Sociolinguistique, Paris, Éd. De Minuit.

Coley RL., Kull M., (2016), Cumulative, Timing-Specific, and Interactive Models of Residential Mobility and Children’s Cognitive and Psychosocial Skills. Volume 87, Issue 4, July/August 2016 Pages 1204–1220

Les différentes crises psychiques et tumultes

Les auteurs qui se sont intéressés à la notion de crise l’ont construite à partir des dispositifs de soins, le plus souvent institutionnels Despland et al., (2010). « Pour ceux-ci, la notion de crise renvoie le plus souvent à un moment de désorganisation majeure de l’équilibre psychique qui touche le patient dans ses aspects primitifs (narcissisme primaire) » Despland et al., (2010 ).

 

Biblographie

Despland, J.-N., Michel, L., et Roten, Y. (2010). Intervention psychodynamique brève. Issy-les-Moulineaux France : Elsevier Masson.

DEFINITION DE LA CRISE PSYCHIQUE

Les trois étapes de la crise

Selon Séguin (2000), la crise psychique se caractérise par trois grandes étapes :

   1)  Une première période de désorganisation qui culmine jusqu’à ;

   2)  Une deuxième période dite de phase aiguë pour conclure par ;

   3)  Une troisième période de récupération.

La phase aiguë peut se distinguer par un éventail de réactions qui varient en intensité, mais n’allant pas forcément jusqu’au passage à l’acte suicidaire.

 

Note : En nous appuyant sur le concept de crise de Séguin (2000), nous avons paramétré dans l’application la fonction qui permet d’ajuster la durée de la crise sur une durée maximum de deux ans. Au-delà de cette durée, ce n’est plus une crise mais un enkystement d’un état psychique de souffrance.

 

Cet état interne du patient est alors à renseigner dans la catégorie : État affectif/Traumatisme. Si cet état de souffrance perdure depuis des années, il est important d’investiguer s’il y a des périodes où cette souffrance état varie. Si oui, est-ce qu’il se dessine une forme d’onde qui passerait par exemple par des périodes où cela va mieux de couleur bleue, voir de couleur verte puis reviendrait à un état de souffrance ? Dans ce cas, il serait opportun que le praticien cherche à réaliser des liens associatifs verticaux qui influenceraient la variabilité de l’état souffrance.

 

Selon Camus, (2008) « Si la crise est l’expression d’une « rupture d’étayage », elle constitue également une période particulièrement propice aux réaménagements internes, aux changements » Ainsi, dans cette perspective, l’individu en crise pourrait accueillir l’adversité conjoncturelle comme autant d’opportunités d’imaginer d’autres alternatives positives. L’individu pourrait exploiter sa capacité résiliente pour surmonter la crise et effectuer des changements salvateurs (Despland et al., 2010).

 

Selon Séguin, (2000) la théorisation de la crise varie selon deux grandes approches. Dans son article, elle cite des auteurs anglo-saxons d’approche cognitive, et d’autres auteurs français d’approche psychanalytique.

   –  Dans l’approche cognitive, la crise peut être perçue comme une période durant laquelle l’individu est submergé sur le plan émotif (Caplan, 1964 ; Langsley, Machotka et Flomenhaft, 1971). En conséquence, l’individu a une perception cognitive rigide et déformée de la réalité et il éprouve des difficultés dans les résolutions de problème. Pour ces auteurs, l’intervention porte essentiellement sur les événements présents alors que les problèmes du passé sont peu ou pas abordés, à moins qu’ils soient directement liés avec les événements actuels. L’intervention vise donc la résolution actuelle de la crise et un retourl’équilibre.

   –  Dans l’approche psychanalytique, le lien entre les conflits passés (psychogénèse) et présents est pris en compte Andreoli, (1986) ; Souris, (1990). La réactualisation des conflits sous-jacents (intrapsychiques) demeure l’objectif thérapeutique. L’intervention en situation de crise vise à offrir à la personne un espace de transition « dans lequel le sujet pourra élaborer ses conflits et structurer de nouveaux étayages » Souris, (1990).

 

Au-delà de ces deux différentes conceptions de la crise, il résulte un objectif commun pour ces deux approches, centré sur la nécessité de mettre l’accent sur une intervention précoce, rapide et intensive de la crise psychique et a fortiori si elle est suicidaire Séguin (2000).

 

Biblographie

Despland, J.-N., Michel, L., et Roten, Y. (2010). Intervention psychodynamique brève. Issy-les-Moulineaux France : Elsevier Masson.

Camus, V. (2008). De quelques questions éthiques posées par l’intentionnalité et les conduites suicidaires, Revue d’éthique et de théologie morale (n° 248), p. 59-78.

Caplan G. (1964). Principles of Preventive Psychiatry. New York : Basic Books.

Séguin, M. (2000). Comment désamorcer une crise suicidaire avant la phase aiguë ou le passage à l’acte ? Consulté à l’adresse http://prevention.suicide.free.fr/?p=916

Souris, M. (1988). Considérations théoriques sur les mouvements psychiques dans les situations de crise : conséquences psychothérapeutiques. Acta Psychiatrica Belgica, 88 (4), 261-290.

Souris, M. (1990). Les urgences psychiatriques : quelle population ? Jeur, 3(2), 93-93.

CRISE PSYCHOSOCIALE

La crise psychosociale

La crise psychosociale peut être conceptualisée comme une conjugaison d’une vulnérabilité et d’une détresse socio-affective, influencée par des événements déstabilisants. « Elle se traduit par la présence d’une détresse provoquée par une situation problématique, prévisible ou imprévisible, mais dont la nature demeure dans les frontières de la normalité. Les pertes, les ruptures, les deuils, la maladie, les événements provoqués par des transitions, par des facteurs socioculturels, ou par des questions existentielles, sont des exemples de situations aiguës pouvant provoquer un déséquilibre et déclencher des situations de crise » Ionescu et al., (2008).

 

Dans ces situations sociales de crise, l’individu tente d’abord de résoudre ses difficultés en essayant de trouver des solutions et de recouvrer rapidement un état d’équilibre (correspond dans le module PsyLife / crise au concept de Tumultes). C’est lorsque ses efforts répétés se soldent par des échecs consécutifs qu’émerge la tension psychique devenant de plus en plus importante et pouvant conduire à l’état de crise psychosociale Andreolie, et al., (1986). Au niveau intrapsychique, l’individu se trouve submergé par des émotions, par des difficultés d’élaboration, de concentration, et de résolution de problème. L’individu se perçoit alors de façon de plus en plus négative et a de plus en plus de difficultés à convoquer ses propres ressources, qui à son tour engendrent une baisse d’estime de soi. (Andreolie, et al., 1986). La crise s’engage dans une spirale d’inconfort dans laquelle l’individu éprouve un état de détresse, se sent plus ou moins démuni. Cet état se manifeste par des signes cliniques, des émotions ou des pensées (rumination). La crise psychosociale est présente et entraîne une souffrance chez le patient. Elle réveille les stigmates des enjeux inachevés du développement précoce (psychogénèse). En somme, elle réveille les facteurs de vulnérabilité : les carences et distorsions affectives (honte exagérée, angoisse d’abandon, peur du conflit …). Mais aussi en écho, elle réveille toutes les blessures, les événements eux-mêmes (divorce, séparation …) déclencheurs de la crise. « Si la répétition l’emporte, la symptomatologie perdure, le sujet pourra éprouver un sentiment d’impasse qui l’amène à consulter » Despland et al., (2010).

 

Bibliographie

Andreolie, A., Lalive, J., et Garrone, G. (1986). Crise et intervention de crise en psychiatrie : Paris : SIMEP.

Despland, J.-N., Michel, L., et Roten, Y. (2010). Intervention psychodynamique brève. Issy-les-Moulineaux France : Elsevier Masson.

Ionescu, S., Blanchet, A., et Collectif. (2008). Psychologie clinique, psychopathologie, psychothérapie. Paris : Presses Universitaires de France – PUF.

CRISE PSYCHOTRAUMATIQUE

La crise psychotraumatique

« La personne exposée à un événement traumatique est précipitée rapidement, seule ou avec d’autres victimes, dans un état de crise qui interfère avec sa vie sociale, occupationnelle, ou relationnelle mettant à rude épreuve ses habilités d’autorégulation psychologique. Le trauma suscite une crise qui se classe à part des crises psycho-sociales et psycho-pathologiques, compte tenu de la soudaineté du passage entre l’état d’équilibre et l’état de crise. Il importe de distinguer si un événement précipitant revêt un caractère traumatique ou non, car c’est sur la base de cette distinction qu’il est possible d’établir la différence entre stress et trauma »  (Vaiva et al., 2003).

 

Deux caractéristiques servent à définir l’événement traumatique (APA, 1996) :

   1)  En premier lieu, cet événement implique une menace vitale (par exemple un viol ou une mutilation lors d’un accident au travail, ou une prise d’otage).

   2)  En second lieu, l’événement doit aussi susciter une réaction péritraumatique intense de peur, d’impuissance, ou d’horreur (APA, 1996 ; Brunet, 2002), ou encore de sidération et d’effroi (Marmar et Weiss, 1994 : Vaiva et al., 2003). » Ionescu, Blanchet, et Collectif (2008).

 

Bibliographie

Ionescu, S., Blanchet, A., et Collectif. (2008). Psychologie clinique, psychopathologie, psychothérapie. Paris : Presses Universitaires de France – PUF.

Vaiva, G., Brunet, A., Lebigot, F., Boss, V., Docrocq, F., Devos, P., Laffague, P., et Goudemand, M. (2003). Fright (effroi) and other peritraumatic responses after a serious motor vehicule accident :  Prospective influence on actu PTSD development. Canadian Journal of Psychiatry, 48, 395-401.

CRISE PSYCOPATHOLOGIQUES

La crise psychopathologique (décompensation)

« Les personnes atteintes de troubles psychiatriques vivent également des événements catalyseurs de crise. Lors d’une crise psychopathologique, la vulnérabilité personnelle explique dans une large mesure l’ampleur de la détresse et le recours à des solutions inefficaces pour se sortir de la crise. Lors d’une crise psychopathologique, la personne est souvent à bout de solutions, son éventail de stratégies est restreint, le problème qui précipite la crise peut être intriqué avec de nombreux autres problèmes présents depuis très longtemps. La personne peut diriger l’agressivité du passage à l’acte envers elle-même ou envers autrui ».

 

« La différence entre les crises psychosociales et psychotraumatiques peut se situer en fonction de l’intensité des réactions suite à l’événement difficile, de la proximité et de la rapidité du passage à l’acte et du degré de vulnérabilité personnelle antérieur à la crise. Dans cette perspective, la prise en compte de l’étiologie de la crise permet de mieux comprendre et de mieux identifier les interventions qui doivent être proposées de façon différenciée. » (Ionescu et al., 2008) p. 138.

 

Face à la crise, un des objectifs du clinicien est d’aider la personne à développer des stratégies de coping (faire face). Elles restent une voie à privilégier dans toute intervention thérapeutique, en cherchant à « renforcer autant que possible les stratégies d’ajustement fonctionnelles et à réduire les stratégies nocives » Bruchon-Schweitzer (2002).

 

Bibliographie

Bruchon-Schweitzer, M. (2002). Psychologie de la santé : modèles, concepts et méthodes. Paris : Dunod

Ionescu, S., Blanchet, A., et Collectif. (2008). Psychologie clinique, psychopathologie, psychothérapie. Paris : Presses Universitaires de France – PUF.

Utiliser PsyLife dans l'entretient d'investigation

Quel que soit le champ théorique exercé par le praticien, le module PsyLife permet de réaliser une anamnèse visuelle qui cartographie et retrace le parcours de vie d’un individu.

 

Il est important de rappeler que cette remémoration consciente du passé par le patient n’est pas le passé réel, celui qui a été effectivement vécu. L’information contenue et rappelée depuis la mémoire, notamment autobiographique, n’est que le reflet d’une réalité reconstruite et inévitablement déformée par le filtre actuel de la conscience. Dès lors, tout souvenir est obligatoirement le résultat d’une réinterprétation subjective d’une réalité ancienne et jamais son évocation fidèle.

 

Néanmoins, il important de bien comprendre que le souvenir recueilli doit être teinté de la valence affective vécue à l’instant T de l’événement ou période et non pas l’actuelle que la personne se fait après l’avoir plus ou moins élaboré l’évènement (phénomène de rédemption voir les Souvenir Définissans le Soi (SDS) dans la rubrique (onglet thérapies, section cognitive).

 

PARCOURS DE VIE ET ANAMNÈSE

Le parcours de vie

La cartographie du parcours de vie d’une personne permet d’analyser les phénomènes (événements de vie) dans une temporalité (biologique, subjective, biographique, sociale …) et de les recadrer dans leur contexte en leur donnant du sens. Dubar, (2015) définit le parcours de vie d’un individu par les différentes positions sociales qu’il a successivement occupées et par le regard introspectif qu’il porte sur elles : il est le produit d’une série de définitions de soi engageant à la fois des indicateurs objectifs (les faits, (relance référentielle )).

 

C’est en nous appuyant sur la définition du parcours de vie de Dubar, (2015) et celle de l’anamnèse canevas de Ionescu, Blanchet, et Collectif, (2008) citée ci-après que nous avons conçu les bases du fonctionnement du module PsyLife. « L’anamnèse est un « canevas » qui permet de retracer la vie du sujet ; porte sur l’histoire de celui-ci. Les troubles actuels sont un effet des conflits antérieurs, d’où l’importance d’effectuer un retour sur le passé. L’anamnèse doit être méthodique parce qu’on a un ensemble de points à couvrir et qu’on doit obtenir une information précise et elle doit être associative, car elle permet une liberté du discours qui révèle certaines zones d’ombre, de confusion, voir de tabou tout comme les thèmes surinvestis ».

L'anamnèse

Il en résulte pas moins que l’art de l’anamnèse se situe dans cette démarche souple d’investigation concernant le recueil d’un ensemble d’informations touchant notamment : les symptômes, les passages à l’acte, la situation familiale et sociale, les événements traumatisants, l’environnement professionnel, les loisirs, les antécédents médicaux et personnels mais aussi les facteurs de protection et les ressources de l’individu.

 

L’anamnèse est intimement liée à l’histoire de vie du sujet et se précise et s’enrichit facilement dans le module PsyLife tout au long de la prise en charge. L’anamnèse visuelle proposée par PsyLife permet de déceler facilement la dimension diachronique des troubles, c’est-à-dire leur évolution dans le temps. « En effet, le sujet humain, doué de mémoire, s’inscrit dans une temporalité. Les troubles ont donc une histoire ou anamnèse essentielle à retracer, qui peut renvoyer à un passé lointain, voire au développement infantile » Ionescu, Blanchet, et Collectif, (2008). Les troubles ont également une dimension synchronique c’est-à-dire qu’ils surviennent dans un contexte familial, social, culturel, important à prendre en compte.

 

Bibliographie

Dubar, C. 1991. La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin (2ème ed. 1995).

Ionescu, S., Blanchet, A., et Collectif. (2008). Psychologie clinique, psychopathologie, psychothérapie. Paris : Presses Universitaires de France – PUF.

 

 Notes

Voir définition section ci-dessous : Entretien d’investigation

ENTRETIEN D'INVESTIGATION

L'entretien d'investigation

Pour réaliser ce travail d’investigation anamnestique et le retranscrire efficacement dans le module PsyLife, nous invitons le praticien à utiliser de façon préférentielle l’entretien de diagnostic semi-directif en utilisant les relances langagières référentielles et modales décrites ci-après. Les deux autres types de conduite d’entretien (directif et libre) sont également utilisables.

   –  L’entretien clinique de diagnostic : ce type d’entretien permet au praticien de recueillir les éléments significatifs, de les structurer afin de cerner la personnalité du patient, son mode de fonctionnement, ses difficultés d’adaptation, en somme de comprendre la dynamique de l’individu.

   –  La conduite d’entretien semi-directif : le praticien dispose d’un guide d’entretien, c’est-à-dire d’un canevas (le module PsyLife) composé d’un thème et/ou de questions à aborder au moment propice. L’objectif de cette forme d’entretien est de recueillir du discours spontané ou semi-spontané.

   –  Les relances référentielles et modales : selon Blanchet (1991) il y a dans un entretien deux grandes catégories de relances. L’une porte sur les faits (registre référentiel), l’autre sur les attitudes du patient (registre modal) = éléments subjectifs (le vécu).

      ◼︎  Le registre référentiel a pour fonction de « faire dire comment sont les choses ». Il porte sur les objets du monde, soit pour mieux les identifier, les cerner, soit par exemple pour obtenir des informations d’ordre temporel, ou encore pour interroger les actions des patients. Dans PsyLife cette information correspond au titre de l’événement adjoint de quelques informations importantes.

      ◼︎  Le registre modal a pour fonction de « traduire l’état interne du patient » ; il représente un certain état psychologique du patient. Ces relances portent sur les croyances, axiomes, postulats et plus particulièrement sur les émotions et sentiments de l’événement vécu. Le recueil de l’information affective de chaque événement est primordial. Dans PsyLife il permet de teinter l’événement d’une valence affective au moyen de trois couleurs : vert (étayant agréable), bleu (neutre ou je ne me souviens pas), fuchsia (anxiogène désagréable).

 

A l’intérieur de ces deux registres, il y a trois types d’acte de langage disponibles :

1)    La réitération, le praticien REPREND, REFORMULE les propos ou énoncé du patient.

2)    L’assertion, le praticien PROPOSE ses propres énoncés.

3)    L’interrogation, le praticien QUESTIONNE les faits ou émotions/sentiments.

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C’est en utilisant les préconisations d’entretien présentées ci-dessus que vous obtiendrez un résultat optimum.

 

Il est à noter qu’avant de pouvoir recueillir directement dans PsyLife le vécu du patient, il est nécessaire que le praticien instaure une relation de confiance. Généralement l’introduction de l’utilisation de PsyLife se fait à la deuxième ou la troisième séance. En fonction du patient et de son rapport aux outils numériques (âge) le praticien devra rassurer le patient en prenant un temps pour expliquer le but de l’outil ( créer une anamnèse visuelle dynamique, qui facilite les prises de conscience …) et l’informer sur la sécurité des données.

 

Bibliographie

Blanchet, A. (1991). Dire et faire dire : l’entretien. Paris : Armand Colin.

Trois approches thérapeutiques

Au-delà de vos propre approches psychothérapeutiques, nous vous présentons trois manière d’utiliser l’information contenue dans le dans le module PsyLife : l’approche psychodynamique par la mise en œuvre de la mentalisation, cognitive par le travail sur les Souvenirs Définissant le Soi (SDS) et humaniste par l’approche narrative des événements de vie.

PSYCHODYNAMIQUE

Mentalisation intrapsychique comme processus de résilience

Cette notion de mentalisation est issue du courant de pensée psychanalytique. Aujourd’hui, elle s’appuie sur les recherches scientifiques issues de l’observation du nourrisson, de la psychologie développementale, de la théorie de l’attachement, ainsi que celui des neurosciences.

 

La mentalisation réfère à un processus psychique inférentiel (Fonagy, Gergely, & Target, 2007), subjectif et dynamique, qui permet à l’individu de comprendre ses propres états mentaux et ceux des autres, incluant les pensées, les affects, les désirs, les croyances et les intentions (Fonagy, Gergely, Jurist, & Target, 2002). En d’autres termes, cette capacité de mentalisation aide l’individu à prédire, à expliquer et à justifier ces propres actions et les actions des autres en inférant les états psychiques qui sont à l’origine des comportements.

 

Deux éclairages caractérisent le processus de mentalisation :

   1)  La première relève de la faculté qu’a l’individu à faire une lecture du comportement qui va au-delà des aspects concrets, tangibles et observables, en inférant des états internes pouvant l’expliquer.

   2)  Le second concerne l’habileté de l’individu à comprendre que les hypothèses qu’il élabore à partir de l’observation de son propre comportement et de celui des autres ne sont que des représentations mentales de la réalité. Elles sont issues de sa propre perspective et non d’une réalité objective et certaine. Cette dernière caractéristique engendre la flexibilité des processus de pensée de l’individu et lui permet donc de comprendre qu’il peut se tromper dans sa compréhension du comportement d’autrui.

 

Mentalisation et résilience

Du point de vue de la mise en place du processus de résilience, la mentalisation est une étape essentielle. Ce processus psychique désigne « la capacité de tolérer, voire de traiter ou même négocier l’angoisse intrapsychique et les conflits interpersonnels ou intrapsychiques. » Debray (1991).
Ce travail de mentalisation se décompose en deux temps :

   1)  Le premier temps correspond à un travail de transformation par la pensée, des excitations pulsionnelles et des tensions désagréables (traces d’un vécu traumatisant), par la mise en mot des représentations mentales correspondant à ces pulsions et tensions.

   2)  Le deuxième temps implique un travail d’élaboration mentale des affects essentiellement de déplaisir. Il s’agit d’une activité psychique de liaisons et d’associations qui traite de cette manière les « souvenirs » du réel traumatique.

 

Dans l’entretien, le sujet est invité à remettre en chantier les traces sensorielles douloureuses (relevées dans PsyLife, couleur fuchsia) pour les revisiter et les réinterpréter avec plus de distance et les incorporer de façon cohérente dans son discours.

 

Dire les choses, les partager avec le praticien c’est les éprouver une fois encore mais autrement. Par cette action de la parole, le sujet revient sur les émotions attribuées au traumatisme, mais la violence est atténuée par rapport au moment où celui-ci s’est produit. Ce mécanisme est induit par l’évocation et par la mise en mot de l’événement.

 

Ainsi expliquée, la mentalisation permet au sujet de mettre du sens à son expérience, d’en faire un récit, pour être comprise et acceptée malgré sa blessure.

 

Selon Cyrulnik (1999) « c’est dans la représentation de la tragédie qu’on remanie le sentiment provoqué par le fracas » (traumatisme). Par cette mentalisation, le sujet parvient à maîtriser l’émotion qui le débordait au moment du choc. Il ne se sent plus « écrasé » par le danger et l’angoisse qui s’y rapportent, et peut donc envisager son devenir de façon plus positive. Pour survivre, le sujet n’a plus à se protéger et se distancier de ses affects de déplaisir par la mise en place d’un ensemble de mécanismes de défense primaire, notamment le déni.

 

Il est important de rappeler que face au traumatisme, les mécanismes de défense puis de mentalisation sont des processus nécessaires à la mise en place de la résilience. Une utilisation exclusive et excessive des mécanismes de défense accompagnée d’un manque de souplesse mentale peut conduire à un appauvrissement psychique grave.

 

Bibliographie

Fonagy, P., Gergely, G., Jurist, E. L., & Target, M. (2002). Affect regulation, mentalization, and the development of the self. New York, NY: Other Press.

Fonagy, P., Gergely, G., & Target, M. (2007). The parent–infant dyad and the construction of the subjective self. Journal of Child Psychology & Psychiatry, 48, 288-328. Doi :10.1111/j.1469-7610.2007.01727.x

Debray, R., Réflexions actuelles sur le développement psychique des bébés et le point de vue psychosomatique, Revue Française de Psychosomatique, 1, 1991, pp. 41-57.

Cyrulnick, B., Un merveilleux malheur, Paris, Odile Jacob, 1999.

COGNITIVE

Les souvenirs définissant le soi

Selon Pascale (2009), les souvenirs définissant le soi se situent au cœur des souvenirs autobiographiques qui eux-mêmes sont localisés dans la mémoire autobiographique. Celle-ci est considérée comme une mémoire spécifiquement humaine, c’est-à-dire la mémoire par excellence, celle qui nous permet de répondre à la vaste question : « Qui suis-je ? ». Elle permet de « conserver du passé des images chargées d’émotion et le souvenir de chaque moment clé de notre vie ». Pascale (2009).

 

La mémoire autobiographique est le bras armé du sentiment de continuité de soi qui suppose une représentation permanente et cohérente de soi dans le passé, le présent et le futur. Une des fonctions clés incombant à la mémoire autobiographique est de conserver une trace mnésique à long terme, stable et cohérente, de nos interactions avec le monde. Elle régit un continuum dont les extrémités sont composées, d’une part, des souvenirs phénoménologiquement riches et détaillés d’événements personnellement vécus dans un contexte spatial et temporel donné, et, d’autre part, des connaissances générales sur soi (nom, âge, profession, aptitudes, goûts, etc). Singer et Salovey (1993) ajoutent : les SDS sont des « enregistrements sélectifs des événements les plus importants de notre vie ».

 

Les souvenirs qui composent cette mémoire autobiographique sont émotionnellement intenses, détaillés, vivaces et peuvent être facilement rappelés à la conscience. De ce fait, ils peuvent graviter autour des préoccupations et conflits de la vie et générer des ruminations mentales.

 

Les souvenirs définissant le soi sont « censés » très bien caractériser la personne qui les énonce. Ils sont une sorte de reflet, composés des valeurs de la personne, de ses buts et ses croyances. Ils cristallisent les liens entre l’identité, la conscience et la mémoire.

 

Il est important de rappeler que la pensée des individus gît sur des schémas de réponse notamment d’actions, de réponses émotionnelles. Ces schémas automatiques, et donc non conscients, de réponse aident la personne à organiser sa pensée et deviennent ainsi un filtre de la pensée. Ils influencent de façon « positive ou négative » notre manière de penser, réagir, interpréter etc (Tomkins, 1979). De la même manière, ils influencent la récupération des souvenirs (Singer, 2005).

 

Singer (2005) souligne la « dynamique générale » de la variation que peuvent subir les souvenirs définissant le soi. « Le contenu, la forme et le pouvoir émotionnel de ces souvenirs peuvent changer de façon subtile ou dramatique au cours de notre vie ». En effet, ces souvenirs sont particulièrement sensibles aux modifications de nos valeurs et croyances. Ce qui engendre ces modifications c’est l’évolution de nos envies, de nos intérêts et de nos objectifs. Cette évolution influence la direction de notre futur et a pour corollaire de faire varier rétroactivement de façon plus ou moins importante la valence émotionnelle des souvenirs définissant le soi en modifiant l’expérience passée pour l’adapter à cette nouvelle direction.

 

En conséquence, il apparaît dans la structure des récits qui encadrent un souvenir définissant le soi, deux phénomènes : la contamination et la rédemption. La contamination s’identifie lorsque le récit commence de manière positive et finit de manière négative. La rédemption c’est l’inverse : le récit commence de manière négative et se termine de manière positive (Foley Center for the Study of Lives, 1998, 1999).

 

La « contamination »

Dans cette expérience, la valence émotionnelle positive de l’événement passé se colore dans le présent d’une teinte négative. « La contamination témoigne habituellement d’un faible bien-être et d’une tendance au neuroticisme ». Wagener, A., Boulanger, M., Pitchot, W., & Blairy, S. (2015).

 

La « rédemption »

Dans cette expérience, la valence émotionnelle négative d’un événement passé se déleste de la coloration négative que l’individu lui attribuait au moment de l’impact pour revêtir une valence positive lors d’un rappel en mémoire. « La rédemption est généralement le reflet d’un ajustement sain et d’un cheminement dans le sens de la croissance personnelle ». Wagener, A., Boulanger, M., Pitchot, W., & Blairy, S. (2015).

 

Travailler le raisonnement autobiographique avec PsyLife

Selon Wagener, Boulanger, Pitchot, et Blairy, (2015), le raisonnement autobiographique est le reflet de la capacité de la personne à prendre du recul vis-à-vis de ses souvenirs et à réfléchir aux expériences passées. « Cette dimension est essentielle, car le raisonnement autobiographique permet le développement d’un sentiment de cohérence à propos des expériences vécues ». Il repose sur « l’intégration du souvenir » qui consiste en quelque sorte à tirer de l’événement mémorisé un enseignement sur soi, sur autrui ou sur le monde. « Ce processus permet à la mémoire d’influencer le « self « , c’est-à-dire la conception que nous avons de nous-même, de notre identité », (le concept de soi).

 

Un souvenir définissant le soi intégré s’identifie par la qualité de la narration dans laquelle la personne attribue une signification particulière (de déduction, d’apprentissage ou de compréhension de l’événement) par rapport à ses souvenirs en les reliant à des enseignements à propos de soi, des relations importantes et de la vie en général : exemple « Alors, j’ai compris à ce moment que… », « Depuis, j’ai pris conscience de… ».

 

Les souvenirs définissant le soi permettent de comprendre comment et d’expliquer pourquoi nous sommes devenus la personne que nous sommes aujourd’hui. Plusieurs dimensions les composent :

   –  Ce sont des enregistrements sélectifs des événements les plus importants et les plus significatifs de notre vie

   –  Personnellement vécus et hautement significatifs pour l’identité

   –  Constitués d’émotions intenses (positives ou négatives)

   –  En lien avec d’autres souvenirs (thèmes et émotions)

   –  Fréquemment à l’esprit (volontairement ou non)

   –  Exprimés de façon concise et efficace concernant les aspects fondamentaux de notre identité (self)

   –  En lien avec nos buts, valeurs et conflits

   –  Sont la pierre angulaire dans la compréhension de soi

 

Les souvenirs définissant le soi sont chargés d’émotions agréables / désagréables (malaise, désaccord ou d’une gêne par l’un des protagonistes de l’événement). Le praticien peut facilement identifier dans les catégories (trajectoire PsyLife) des souvenir définissant le soi dans les sept classes ci-dessous :

   1)  Événement menaçant la vie (PsyLife catégorie : Etat affectif/Traumatisme).

   2)  Relation (PsyLife catégories : Famille/Amis, Relation paternelle, Relation maternelle, Relation sentimentale).

   3)  Réalisation/maîtrise (PsyLife catégories : Emploi/Formation, Autre)

   4)  Loisirs/exploration (PsyLife catégories : Social/Autre, Autre)

   5)  Consommation de drogues/alcool/tabac (PsyLife catégorie : Autre)

   6)  Culpabilité/honte (PsyLife catégorie : Etat affectif/Traumatisme)

   7)  Événement non classifiable (PsyLife catégorie : toutes les catégories)

 

Ces souvenirs définissant le soi sont composés dans PsyLife d’une valence émotionnelle (verte/positive, bleu/neutre, ou fuchsia/négative) qui s’identifie facilement par la couleur attribuée à l’événement recueilli au moment de l’investigation et/ou de l’anamnèse. Il devient donc facile pour le praticien d’identifier un souvenir définissant le soi impactant (de couleur fuchsia) qui peut être plus ou moins en rapport avec la problématique du patient et d’investiguer quelle a été la réelle issue de cette expérience émotionnelle sur le self. Y a-t-il eu une rédemption totale, partielle ?

 

Cet événement a-t-il engendré une crise psychique au moment T ? Si oui, de quelle nature  (PsyLife / crise) ? De quelle intensité (pastille rouge dans PsyLife / crise) ? Si à l’époque il y a eu crise psychique, est-ce qu’aujourd’hui il y a eu une rédemption totale (Pastille verte), partielle (Pastille orange), aucune (Pastille rouge) ?

 

C’est la rédemption plus ou moins partielle d’un événement (couleur fuchsia) ou d’une crise qui provoque encore des ondes émotionnelles dans le présent et qui permet au praticien d’identifier une potentielle cible de travail thérapeutique avec les outils les plus adaptés à la situation : raisonnement autobiographique, mentalisation, narration, EMDR, hypnose etc.

 

PsyLife permet d’évaluer l’évolution de la rédemption de la crise psychique (psychosociale, psychotraumatique, psychopathologique, tumulte).


Bibliographie

Foley Center for the Study of Lives (1998). Coding system for contamination sequences. Retrieved July 25, 2009 from: http://www.sesp.northwestern.edu/foley/instruments/ contamination/.

Foley Center for the Study of Lives (1999). Coding narrative accounts of autobiographical scenes for redemption sequences. Retrives July 23, 2009, from: http://www.sesp.northwestern.edu/docs/RedemptionCodingSch.pdf.

Pascale Polino, (2009) Psychol NeuroPsychiatr Vieil 2009 ; 7 (3) : 151-67

Singer J. et Salovey P., The remembered self: Emotion and memory in personality, New York: Free Press, 1993.

Singer J., Memories that matter: How to use self-defining memories to understand and change your life (p.23). Oakland: New Harbinger Publications, 2005.

Tomkins, S. S. (1979). Script theory: Differential magnification of affects. In H. E. Howe & R. A. Dienstbier (Eds.); Nebraska symposium on motivation (vol. 26, pp. 201-236). Lincoln University of Nebraska Press.

Wagener, A., Boulanger, M., Pitchot, W., & Blairy, S. (2015). Les souvenirs définissant le soi dans le trouble dépressif majeur unipolaire : Pourquoi les évoquer durant l’entretien clinique ? Acta Psychiatrica Belgica, 116(2), 27-34.

HUMANISTE

La thérapie narrative

La thérapie narrative a été développée par deux psychologues australiens, Michael White et son collègue David Epston. La thérapie narrative part du postulat que les solutions dissolvent les problèmes. Sa méthode s’inscrit dans le contexte des approches des thérapies brèves centrées sur les compétences de l’individu et l’invite à mettre en œuvre ces propres ressources.

 

Cette approche thérapeutique est issue des théories de l’apprentissage et cherche à reconnaître la vie de chaque personne comme une histoire en progression pouvant être considérée selon diverses perspectives et pouvant avoir une multitude de résultats. La vie est considérée du point de vue de celui qui en fait le récit, c’est-à-dire l’individu. Dans cette approche, les « réalités psychiques » sont construites socialement à partir des modes habituels d’interaction avec l’environnement : logement, transport, éducation, alimentation. L’identité d’une personne n’est pas le résultat d’un compte-rendu descriptif des événements qui ont marqué sa vie. L’identité se construit plutôt en interaction à partir des histoires racontées à son propos par les autres. Ce sont les récits de leurs expériences racontées et validées par les autres qui donnent forme à l’identité. 

 

L’idée est qu’une personne qui est perçue par son environnement social comme agressive, anxieuse, timide…etc, peut se conformer à une histoire qui l’enferme dans ses identités. C’est la compréhension de l’influence restrictive de ces histoires dites dominantes qui limitent les choix de l’individu, qui permet d’en modifier certains aspects et d’en construire de nouvelles plus aidantes.

 

L’approche narrative considère que “ le client est celui qui sait ”. Les individus qui sont dans une demande de changement sont considérés comme les auteurs et experts de leur propre vie. S’ils ont écrit leur propre histoire, ils sont capables d’en écrire d’autres, porteuses de solutions, de compétences et ressources qu’ils peuvent mettre en œuvre pour résoudre le problème des histoires précédentes.

Les principes et objectifs de la thérapie narrative :

   –  Le client décrit le problème (son scénario dominant), (identifié dans PsyLife).

   –  Le client est encouragé à adopter des perspectives alternatives à travers la déconstruction des récits actuels.

   –  Le praticien aide le client à créer des récits plus utiles et plus satisfaisants.

En réorganisant notre histoire de vie, PsyLife permet de remettre en adéquation les événements de vie (les indicateurs objectifs, les faits) avec les éléments subjectifs (les vécus) qui constituent notre histoire personnelle.


PsyLife permet de faciliter la réunification de notre sentiment de fragmentation en particulier de notre identité. Comment ? En dissociant l’individu de ses problèmes, et blessures « archaïques).

 

PsyLife permet de se regarder de l’extérieur comme on regarderait un personnage en interaction avec lui-même. L’individu peut ainsi prendre une position distanciée par rapport aux différents problèmes qu’il a identifiés pour mieux s’en détacher, afin de mieux les élaborer et leur préférer d’autres conceptions de lui-même. Ce faisant, ce processus cognitif dissociatif, distanciatif permet de considérer le problème, « comme un problème » et de le « dé-fusionner » de sa personne. Cela permet une dés-identification et de ne plus se vivre comme un problème mais comme une personne qui, à un moment donné, a eu un/des problèmes White (2009).

 

Implicitement, par la remémoration et l’élaboration psychique de l’ensemble de ses événements de vie, de ses souvenirs autobiographiques (dialogue intérieur), l’individu est invité à faire des liens entre les différents événements et expériences de sa vie.

 

PsyLife va permettre le développement de chaînes d’associations mais aussi l’établissement de liens et de relations entre des événements restés jusque-là disparates, distincts et non-reliés. Dans certains cas, PsyLife peut faire apparaître graphiquement des phénomènes de répétition dysfonctionnelle.

 

C’est l’identification des événements, accompagnée des élaborations psychiques, qui les replace et les recadre dans leur contexte et qui engendre ainsi le premier niveau d’abstraction de distanciation. Un niveau plus profond de distanciation se produit par la mise en relation des événements entre eux, et préfigure ainsi une conscience réflexive, c’est-à-dire la possibilité de « réfléchir à propos de ».

 

L’invitation est celle de réfléchir à ces liens et chaînes d’associations, nuages d’événements représentés graphiquement en vert, bleu, fuchsia et d’en tirer des découvertes, des interprétations, des théories, « des conclusions » dans le but d’en extraire des apprentissages/ enseignements, des prises de conscience (insight), en lien avec l’événement source.

 

Ainsi, un événement unique, péripétie rutilante et solitaire, peut alors quitter le statut de moment d’exception sans lien et s’inscrire parmi d’autres événements au sein d’une période et d’un parcours de vie qui se reconstruit par la mise en place d’un nouvel éclairage globalisant.

 

C’est le développement de cette conscience réflexive qui fait entrer l’individu dans le monde abstrait de son paysage intérieur pavé de ses valeurs, de ses croyances, de ses comportements (actions), en somme de ce qui est important pour lui.

 

C’est une forme de travail de découplage de notre culpabilité/colère et de recouplage de notre responsabilité qui permet de réécrire notre histoire de vie en tant qu’observateur et ainsi de faciliter la reconstruction d’une identité plus stable par l’amélioration du sentiment d’estime de soi.

 

C’est cette nouvelle conscience qui, avec le temps, prend place dans le présent pour un nouvel avenir ouvert sur les arènes de l’expérience.

 

Bibliographie

White, M. (2009). Cartes des pratiques narratives. Bruxelles : Satas.